Tirs à Trappes et à La Verrière : Emmanuel Macron fait part de sa « profonde émotion » ; plusieurs responsables politiques dénoncent un « acte raciste »
De nombreux responsables politiques et candidats à l’Elysée en 2027 ont réagi à aux tirs, vendredi 23 octobre, dans les Yvelines, qui ont fait un mort et quatre blessés. Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a dénoncé « un crime terroriste » et le Parquet national antiterroriste (PNAT) a ouvert une enquête et retenu le mobile raciste.
Emmanuel Macron a d’abord fait part de sa « profonde émotion suite à l’attaque à l’arme à feu survenue à Trappes et La Verrière ». Le président a écrit, sur le réseau social X, que ses « pensées [allaient] aux victimes, à leurs familles, ainsi qu’à tous les habitants des Yvelines ». Il a également assuré que, « dans cette terrible épreuve, la nation se [tenait] à leurs côtés », avant de rendre hommage aux « forces de l’ordre qui ont déjà procédé à l’interpellation de l’auteur ». Le premier ministre, Sébastien Lecornu, a déclaré que « l’ensemble des moyens des forces de sécurité et de l’autorité judiciaire [étaient] pleinement mobilisés ».
Après s’être entretenu avec le ministre de l’intérieur, le maire de Trappes, Ali Rabeh, a estimé que la tuerie était « objectivement un attentat, à connotation raciste, probablement islamophobe ». « C’est probablement l’un des premiers, une première tentative de crime de masse à connotation islamophobe et raciste », a déclaré l’édile, appelant à la « concorde républicaine ». « C’est l’effroi, le traumatisme, un cauchemar », a déclaré le maire de La Verrière, Nicolas Dainville, à l’Agence France-Presse.
Condamnations univoques des candidats à la présidentielle
Le président du Sénat, Gérard Larcher, a évoqué une attaque qui « laisse sans voix dans le climat de tensions et de violence que nous connaissons dans le pays ». Sénateur des Yvelines, M. Larcher appelle à « retrouver le chemin de l’apaisement et de la paix civile ». Yaël Braun-Pivet, députée des Yvelines et présidente de l’Assemblée nationale, estime qu’il « est des moments où nous devons nous rappeler ce qui fait de nous une nation ». Elle appelle également « chacun à retrouver le chemin de l’apaisement ».
Du côté des candidats à l’élection présidentielle, Marine Le Pen (Rassemblement national) a dénoncé « un acte barbare dont les motivations devront être établies, et les responsables sévèrement punis ». Pour Bruno Retailleau, ancien ministre de l’intérieur et candidat des Républicains, « ce qui s’est passé dans les Yvelines [vendredi] matin est d’une violence terrifiante ».
« A Trappes, l’horreur a frappé », a écrit, de son côté, Edouard Philippe (Horizons), qui souligne que « le terrorisme doit être combattu sans relâche, avec une détermination absolue ». Et Gabriel Attal, candidat de Renaissance pour l’élection de 2027, a dénoncé « une barbarie innommable » si les « théories racistes et [les] cibles [choisies] en raison de la couleur et des différences » évoquées par le PNAT étaient confirmées. « La haine tue. La haine déchire notre pays. La haine doit cesser. Notre pays, la France, ce n’est pas ça », a-t-il encore écrit sur X.
Raphaël Glucksmann, candidat du Parti socialiste et de Place publique, a estimé que « ce n’[était] pas ça, la France ». « Face à la haine qui tue dans nos rues, face à la violence qui mine notre société, la République est un combat plus vital que jamais », a-t-il écrit sur X, appelant à ne pas laisser « le racisme et la terreur gagner ». Le candidat de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a aussi affirmé que « le racisme tu[ait] », en appelant, « face à ce crime odieux », à ce que « tous les êtres humains se souviennent qu’ils sont semblables en se voyant tous horrifiés et indignés ».
L’extrême droite accusée de banaliser le racisme
Marine Tondelier (Les Ecologistes) a établi un lien, dans un message sur X, entre un « crime raciste qui ne vient pas de nulle part » et « le déchaînement d’une parole raciste plus décomplexée que jamais depuis le 17 octobre, alimentée bien au-delà de l’extrême droite désormais ». « Certains responsables politiques ont délibérément choisi de désigner des boucs émissaires, de racialiser les violences et d’attiser les peurs. Aucun des responsables politiques ayant tenu ces propos à droite et à l’extrême droite ne peut se dédouaner de sa responsabilité dans la banalisation du racisme. » Le candidat du Parti communiste français, Fabien Roussel, pointe également « la haine que propage l’extrême droite », en disant être « profondément en colère ».
François Hollande, ancien président de la République, a appelé, de son côté, à « la solidarité nationale », en dénonçant un « acte odieux (…) marqué du sceau de la haine raciste ». Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a demandé que « chacun mesure la gravité des discours qui banalisent le racisme et propagent l’idée du “grand remplacement” ». M. Faure en profite pour redire son intention d’aller « manifester contre la banalisation du racisme, de l’islamophobie, de l’antisémitisme » samedi à Orléans, où le Rassemblement national tient son congrès. De 20 000 à 30 000 opposants y sont attendus. Dans un message distinct, Olivier Faure affirme que Jordan Bardella, qui parle d’un « acte barbare d’une gravité inouïe », « ne sait pas qualifier un attentat dont tout laisse à penser qu’il est raciste ».