Tour de France 2027 : tout savoir sur le parcours de la 114ᵉ édition
Y aura-t-il un homme en mesure de contrecarrer l’objectif de Tadej Pogacar, à savoir s’adjuger un quatrième sacre de suite sur le Tour de France, du 2 au 25 juillet 2027 ? Le Slovène de 28 ans, qui sera le grand favori à sa propre succession malgré l’émergence d’une nouvelle génération avide de victoire, incarnée par le Français Paul Seixas – 4e pour sa première participation cet été –, sait désormais quelles routes il devra emprunter pour tenter de décrocher une sixième Grande Boucle, ce qui constituerait un record. Jeudi 22 octobre, le parcours de la 114e édition de la course a ainsi été dévoilé au Palais des congrès de Paris.
Chacune des 21 étapes au programme a été décortiquée par le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, confirmant les rumeurs d’un tracé qui fera moins la part belle à la haute montagne que depuis le début de la décennie. Avec 3 479 kilomètres à parcourir au total, et 53 450 mètres de dénivelé positif, le Tour de France 2027 comptera six étapes de montagne réservées aux grimpeurs – contre huit en 2026 –, sept itinéraires de plaine pour les sprinteurs ou les coureurs solitaires, six parcours vallonnés pour les puncheurs et les baroudeurs, et deux épreuves de contre-la-montre.
En revanche, il n’existait aucun doute sur le lieu du grand départ : ce sera Edimbourg, comme cela avait été annoncé en mars 2025 (en 2026, le coup d’envoi avait été donné à Barcelone, en Espagne). En dépit de son histoire plus que centenaire et ses nombreuses excursions hors des frontières hexagonales, jamais la Grande Boucle ne s’était rendue dans une destination plus septentrionale que la capitale écossaise.
C’est dans cette « ville magique », comme l’a décrite Christian Prudhomme, que le peloton commencera son expédition au Royaume-Uni, avec une première étape propice aux sprinteurs. Après les pierres et les landes écossaises, le Tour gagnera ensuite l’Angleterre, avec un public attendu en nombre entre Keswick et Liverpool, où « le vent pourrait bien laminer le peloton », selon le directeur de course. La troisième et dernière étape outre-Manche, qui se déroulera en intégralité au Pays de Galles, offrira une première occasion aux favoris de s’expliquer sur plus de 220 kilomètres – avec quelques dévers significatifs – jusqu’à Cardiff.
Diptyque dans les Alpes
Après une première journée de repos et un transfert en France, le retour dans l’Hexagone se fera par la Normandie, puis par la Bretagne. La 7e étape verra se dérouler le premier contre-la-montre individuel de ce Tour de France, avec un parcours de 38 kilomètres sur les terres royales situées entre Blois et Chambord (Loir-et-Cher). Les coureurs s’essaieront au chrono une seconde fois, lors de la 16e étape, sur un parcours de 33 kilomètres, à Toulouse. Comme chaque année, cet exercice si particulier pourrait aiguiser les ambitions des uns et des autres.
L’autre juge de paix sur le Tour de France, à savoir la montagne, fera son apparition lors de la 9e étape, sur le chemin des Alpes. A la veille d’une deuxième journée de repos, le peloton partira à l’assaut du Grand Colombier (Ain), sa cassante route jurassienne et ses pentes (17,4 kilomètres à 7,1 % de pente moyenne). Comme un avant-goût du diptyque alpestre qui attendra ensuite les grimpeurs.
C’est sur les portions de chemins et de cols haut-savoyards, qui seront au programme des prochains championnats du monde de cyclisme (24 août-5 septembre 2027), qu’aura lieu la 10e étape, reliant Annecy à Sallanches. Les deux passages par la côte de Domancy (2,5 kilomètres à 9,4 %), où Bernard Hinault avait remporté son titre de champion du monde, en 1980, et que les coureurs emprunteront à vingt reprises lors des Mondiaux 2027, promettent d’ores et déjà une journée électrique.
La butte Montmartre toujours au menu
Le lendemain, la 11e étape sera certainement dans le viseur des coureurs tricolores puisqu’elle aura lieu le 14 juillet. Elle sera surtout réservée aux plus résistants, qui sauront dompter successivement le col de la Colombière (15,9 kilomètres à 7 %), de la Croix-Fry (7,2 kilomètres à 5,5 %), celui du Pré (12,6 kilomètres à 7,8 %), avant la « très coriace » montée de Bisanne (12,4 kilomètres à 8,3 %). Cette journée de Cluses (Haute-Savoie) jusqu’aux Saisies (Savoie) offrira une épopée vertigineuse de 4 750 mètres de dénivelé positif au peloton.
La Grande Boucle se dirigera ensuite vers le sud de l’Hexagone, qui comprendra plusieurs itinéraires promis aux sprinteurs et aux baroudeurs, avec pour exception la 14e étape, de Montpellier à Mende. Dévoilant le paysage sauvage des Cévennes et un parcours piégeux jusqu’à la côte de la Croix-Neuve (3 kilomètres à 10,1 %), elle sera nécessairement éprouvante, après deux semaines de course, avec ses 4 300 mètres de dénivelé positif.
Après une troisième journée de repos, c’est ensuite dans les Pyrénées que se régleront les derniers comptes entre favoris, sur deux parcours notables. La 18e étape guidera les coureurs au col du Portet (16 km à 8,7 %), où Tadej Pogacar s’était imposé en 2021. Cette journée de course sera agrémentée des ascensions du col du Soulor (11,8 kilomètres à 7,3 %) et du col du Tourmalet (19 kilomètres à 7,4 %). Avec 5 400 mètres de dénivelé positif, elle sera l’une des plus exigeantes pour le peloton. « C’est une très grande étape de haute montagne, expliquait Christian Prudhomme. C’est aussi la première fois que le Tourmalet et le Portet seront associés dans une même étape, avec un enchaînement brutal de montées et de descentes, avec peu de vallées. »
Dans le Pays basque, la deuxième journée de haute montagne emmènera les coureurs d’Hasparren à Laruns (Pyrénées-Atlantiques), pour un dernier théâtre pyrénéen majeur, avec de multiples ascensions répertoriées : le col de Burdincurutcheta (8,7 kilomètres à 9,3 %), celui du Soudet (15,1 kilomètres à 7,2 %), puis celui de Marie-Blanque (7,7 kilomètres à 8,6 %).
Après une avant-dernière étape de transition, entre Maubourguet (Hautes-Pyrénées) et Libourne (Gironde), l’arrivée du Tour de France aura lieu, comme le veut la tradition, sur les Champs-Elysées, à Paris. Un temps menacé, le passage par la butte Montmartre, qui suscite l’enthousiasme du public depuis deux ans, aura bien lieu, a annoncé Christian Prudhomme : « Il faudra monter trois fois la rue Lepic, pour y retrouver l’indescriptible ferveur qui la caractérise désormais. » Celle-ci servira, comme avec les victoires de Wout van Aert, en 2025, et de Mathieu van der Poel, en 2026, de clou du spectacle pour cette 114e édition de la Grande Boucle.