Voice of Freedom Повна версія

Tour du monde en séries

· Culture

Réaliser une fiction à partir du viol le plus atroce commis ces dernières décennies en Inde. Le pari de Delhi Crime diffusée sur Netflix en 2019 était terriblement risqué. L’affaire dite « Nirbhaya » (« sans peur »), en 2012, a traumatisé le pays tout entier et révulsé le monde. Le 16 décembre de cette année-là, une étudiante en kinésithérapie, Jyoti Singh, 23 ans, fut victime d’une barbarie sans nom. La jeune fille sortait du cinéma avec son petit ami et cherchait à regagner son domicile dans le sud de New Delhi. Le couple était monté à bord d’un bus affichant leur destination. Un traquenard.

Les six individus installés à l’intérieur, dont le chauffeur, ont passé à tabac le jeune homme puis traîné Jyoti dans le fond du bus pour la violer tour à tour et lui infliger à l’aide d’une barre de fer des blessures fatales à l’abdomen et aux intestins. Les six violeurs, une fois leur forfait accompli, avaient jeté son corps dénudé et celui de son petit ami, au bord d’une route, avant de reculer pour tenter de les écraser.

Jyoti Singh est morte treize jours après l’agression. Son supplice a suscité un vent de colère immense en Inde et rouvert un vif débat sur la sécurité des femmes dans ce pays profondément patriarcal et sur la peine capitale. Il a mis au jour les carences du système judiciaire en matière de lutte contre le viol, obligeant le gouvernement à durcir la législation concernant les auteurs d’agressions sexuelles.

Il vous reste 77.82% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.