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Tours : enquête ouverte après la blessure à l’œil d’un tiktokeur lors d’une manifestation

Tours : enquête ouverte après la blessure à l’œil d’un tiktokeur lors d’une manifestation

Le parquet de Tours a annoncé mercredi 4 novembre avoir ouvert une enquête après la plainte d’un jeune tiktokeur qui dit avoir été blessé à l’œil par l’explosion d’une « grenade de désencerclement » lancée par la police samedi, lors de l’acte III de la mobilisation sociale.

« Une plainte a bien été reçue, le plaignant évoquant une blessure à l’œil, j’ai demandé l’ouverture d’une procédure pour des faits de violences sans ITT [incapacité totale de travail] avec arme », a déclaré mercredi à l’Agence France-Presse (AFP) la procureure de la République adjointe de Tours, Delphine Amacher.

Enzo Gimgembre, 22 ans, habitant de Tours qui se décrit comme tiktokeur, s’était rendu samedi à la manifestation « pour filmer », a-t-il affirmé à l’AFP.

Jusqu’à ce qu’un « petit groupe de CRS » se détache et qu’une « grenade de désencerclement » soit lancée dans sa direction, explique-t-il dans le procès-verbal de sa plainte transmis à l’AFP, confirmant une information de La Nouvelle République.

« Au moment où la grenade a explosé, je me suis écroulé », se souvient-il, touché par un « bout de caoutchouc noir à l’œil gauche ». Pris en charge par des street medics, il se rend ensuite seul à l’hôpital, l’œil rougi et gonflé. Le jeune homme a précisé mercredi soir à l’AFP s’être vu reconnaître « dix jours d’ITT sous réserve d’évolution ».

« Je vois encore flou »

Selon le certificat médical établi le jour même, son œil gauche « voit bouger la main à un mètre » attestant d’une perturbation de sa vision. Pris de vomissements et de difficultés pour respirer, le jeune homme passe ensuite « une des pires nuits de [sa] vie », a-t-il ajouté. « Je vois encore flou aujourd’hui et j’ai toujours mal, même si ça va mieux avec les cachets. »

Le jeune homme déplore aussi avoir dû insister longuement, malgré les « intimidations », pour que les policiers prennent sa plainte lundi, après deux refus préalables. Il dit compter désormais sur les caméras de la ville pour obtenir justice.

« Nous n’avons pas de commentaire à faire », a déclaré de son côté la préfecture de Tours mercredi à l’AFP.

A Tours, Maël, lycéen tourangeau de 16 ans, a été éborgné le 30 septembre en marge du blocage d’un établissement. L’enquête de l’IGPN avait écarté les hypothèses d’une blessure causée par un mur ou un horodateur et établi que deux tirs de LBD avaient été effectués à une minute d’intervalle par deux policiers. L’un d’entre eux a été mis en examen pour « violences aggravées » et placé sous contrôle judiciaire et l’autre placé sous statut de témoin assisté.

Selon un décompte établi au 30 octobre, l’inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie de 105 enquêtes, dont 52 dans le cadre du mouvement lycéen, 48 pour des violences les 17 et 18 octobre, et cinq pour des faits du 24 octobre, selon une source proche du dossier.

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