« Tout est entaché par ce que cet homme a fait à mon fils » : ces familles percutées par les violences sexuelles commises sur leurs enfants
Isabelle décrit ce jour d’automne 2025 comme son entrée dans « un autre monde ». Celui où des hommes agressent sexuellement des enfants. Son enfant. « Avant, je faisais confiance : aux professeurs, aux coachs, aux adultes à qui je confiais ma fille. » Terminé. En octobre 2025, l’entraîneur de basket de Juliette, 12 ans, l’empêche de sortir du local de stockage du gymnase avant de lui toucher les seins. Elle parvient à se dégager, mais il la retient à nouveau en lui faisant une « clé de cou ». Elle finira par réussir à fuir son étreinte. Lui plaide un blocage de « trois-quatre minutes pour rigoler » et une poitrine touchée « par accident ». Juliette explique, elle, que ce n’était pas la première fois, mais le dernier épisode après des mois de « moments bizarres ». « Je n’ai pas compris tout de suite que c’était des agressions sexuelles », chuchote-t-elle.
Suspendu de son club parisien, l’entraîneur de basket de 22 ans sera jugé en septembre 2027. « Je ne sais pas comment dire. Même si je savais que ça existait, ce n’était pas dans mes possibles », poursuit la mère de 48 ans. Depuis, Isabelle n’en finit pas d’entendre, à la télé et autour d’elle, des histoires d’enfants victimes de violences sexuelles. « J’ai découvert qu’on était beaucoup, vraiment beaucoup… »
Comme Isabelle et Juliette, plusieurs familles ont accepté d’ouvrir au Monde leur foyer bouleversé par le viol ou l’agression sexuelle de leur enfant. Toutes témoignent sous un prénom d’emprunt. Pour protéger leur enfant toujours mineur, par crainte d’être reconnus et jugés, et par peur, souvent, des répliques possibles d’un séisme qui continue de secouer l’enfant victime, mais aussi ses mère, père, frère, sœur, grand-père, grand-mère, tante, oncle, amis…
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