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Ukraine : la trahison de Donald Trump

· War chronicles

Donald Trump a exempté, le 16 octobre, la Russie de nouvelles sanctions majeures, prévues dans une loi adoptée en septembre par le Congrès. Un agresseur, responsable quotidiennement de crimes de guerre, est ainsi récompensé par le président des Etats-Unis. Il est difficile de trouver un autre terme que celui de trahison, utilisé par le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, pour qualifier cette décision. Les pays européens, les seuls à soutenir l’Ukraine désormais, ne peuvent que le reprendre à leur compte.

Confronté à la perspective d’une défaite aux élections de mi-mandat, le 3 novembre, du fait d’une inflation dont sa guerre contre l’Iran est majoritairement responsable, Donald Trump fait le choix de sacrifier les civils ukrainiens en se berçant de l’illusion que l’achat de gazole russe pourra faire baisser les prix à la pompe. Dopée par l’argent américain, la machine de mort russe va pouvoir tourner à plein régime. Cette trahison se comptera en vies humaines dans des villes pilonnées sans relâche.

En s’engageant inconsidérément dans l’aventure iranienne, le président des Etats-Unis avait déjà fait les affaires de Vladimir Poutine. Le renchérissement des hydrocarbures que cette guerre sans victoire avait entraîné avait constitué un premier ballon d’oxygène pour la Russie. Pour protéger ses alliés de la rive arabe du Golfe contre les représailles iraniennes, les Etats-Unis avaient en outre utilisé en grandes quantités des systèmes de défense antiaérienne dont Kiev, soumis aux bombardements les plus massifs depuis février 2022, s’est retrouvé cruellement privé.

Donald Trump aurait pu être alerté par les rapports de ses services de renseignement indiquant que le régime iranien a reçu dans cette guerre le soutien logistique de la Russie. Il a préféré nier l’évidence. Lorsque le compromis auquel les deux camps étaient parvenus pour rouvrir le détroit d’Ormuz a volé en éclats et que la hausse des prix des carburants, singulièrement du diesel, a alimenté le mécontentement aux Etats-Unis, Donald Trump a désigné comme coupable le dirigeant d’un pays en lutte pour sa liberté.

Appel à la démission de Volodymyr Zelensky, accord énergétique, dysfonctionnements signalés du système militaire crucial pour défendre l’Ukraine reposant sur la constellation de satellites d’Elon Musk : tout ce qui vient de Washington va aujourd’hui dans le sens des intérêts de Moscou, au point de rabaisser la première puissance mondiale au rang de petit supplétif du Kremlin. L’argument selon lequel dialoguer avec la Russie, même sans résultats, permettrait de l’éloigner de la Chine ne cesse d’être démenti par les faits.

Il ne s’agit pas d’un virage stratégique pour le locataire de la Maison Blanche. Depuis une décennie, en effet, une ombre russe pèse sur ses mandats. Un fil relie , au cours de laquelle le président des Etats-Unis s’était piteusement aligné sur les positions défendues par Vladimir Poutine, au sommet d’Anchorage, en août 2025. Donald Trump y avait servilement déroulé le tapis rouge sous les pas de son homologue, sans rien obtenir en retour.

Il n’y a pas si longtemps, un président des Etats-Unis avait à cœur de se présenter comme « le leader du monde libre », un héritage de la guerre froide. Mais le terme de liberté, comme celui de démocratie, a disparu du vocabulaire de Washington avec Donald Trump. L’histoire s’en souviendra.