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« Un bruit de fond anxieux permanent » : des professionnels de santé décrivent les effets possibles de la crise sociale sur la santé psychique

« Un bruit de fond anxieux permanent » : des professionnels de santé décrivent les effets possibles de la crise sociale sur la santé psychique

D’ordinaire, le cabinet où exerce Aurore Baudoin-Haloche, généraliste à Marseille, est plutôt calme pendant les vacances de la Toussaint. Mais, ces derniers jours, le rythme des consultations est resté soutenu. « A deux pas du centre-ville qui a subi des pillages [le samedi 17 octobre], nous sommes plusieurs médecins à recevoir des commerçants dont l’état frôle pour certains le traumatisme », rapporte-t-elle. Elle s’inquiète aussi pour d’autres patients qui, dans des états d’anxiété chronique, avaient déjà des difficultés à sortir de chez eux : « On peut craindre, les concernant, un isolement social encore plus fort. »

Depuis le début des blocages lycéens et étudiants, et encore plus depuis la journée de mobilisation nationale du samedi 17 octobre, émaillée de violences, les professionnels de santé, médecins généralistes, psychiatres, psychologues, sont aux avant-postes pour tenter d’analyser les effets de cette crise sociale sur la santé psychique et physique de la population. « Sur le plan qualitatif, près de la moitié des consultations est consacrée à ce sujet », acte ainsi déjà Antoine Pelissolo, chef du service de psychiatrie de l’hôpital Henri-Mondor de Créteil (AP-HP) et premier adjoint au maire PS de la ville, Laurent Cathala. « Ce climat de stress pèse sur le bien-être de chacun et évidemment sur les personnes plus fragiles. »

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