Un encadrant technique de la prison de Val-de-Reuil jugé pour agressions sexuelles sur des détenus
L’existence de relations d’autorité et de hiérarchie favorise partout le risque de violences sexuelles, y compris à l’intérieur des prisons. Jeudi 5 novembre, un homme de 35 ans, Maxime G., doit être jugé au tribunal correctionnel d’Evreux pour des agressions sexuelles aggravées qui auraient été commises entre 2021 et 2026 sur quatre détenus du centre de détention de Val-de-Reuil.
Fait notable de ce dossier singulier, le prévenu n’est pas incarcéré : il s’agit d’un encadrant technique de l’atelier de métallerie de cette prison, en contrat avec le Service de l’emploi pénitentiaire. Sous l’autorité du ministère de la justice, cette structure exploite la cinquantaine d’ateliers de production intégrés aux établissements pénitentiaires dans lesquels certains détenus peuvent travailler.
En février, le directeur de la prison de Val-de-Reuil avait fait un signalement au procureur de la République d’Evreux après avoir recueilli les témoignages de plusieurs personnes œuvrant au sein de cet atelier de métallerie, qui fabrique du mobilier. Des récits selon lesquels Maxime G., l’un des sous-chefs de cette unité, avait l’habitude de toucher, voire d’empoigner, les parties intimes (fesses, poitrines et sexes) des détenus travaillant sous ses ordres. « Il arrive par-derrière quand je suis sur la machine (…) et me saisit les parties intimes avec sa main en se collant », a notamment détaillé Jean-Marc C. au cours d’un entretien avec le personnel pénitentiaire. Ou encore : « L’autre fois, j’étais à quatre pattes sous la machine pour la régler, il m’a pincé entre les fesses. »
« C’était de la rigolade »
D’après les personnes concernées, ces gestes humiliants se doublaient de menaces de représailles lorsqu’elles essayaient de s’opposer ou de se rebeller. « Une fois, j’ai eu un réflexe de sursaut, [Maxime G.] a reculé, perdu l’équilibre et s’est cogné. Il a eu mal au coude. Il s’est énervé et m’a dit de ne pas réagir autoritairement, sans quoi j’allais avoir des problèmes », a expliqué Jean-Marc C., premier détenu à avoir dénoncé les faits. « Il m’a rappelé que je n’étais qu’un détenu et que j’avais juste à me taire, qu’il y avait du monde qui attendait pour travailler. » Plutôt que de s’ouvrir à la direction de la prison, l’une des autres victimes avait préféré démissionner de l’atelier, prétextant des raisons de santé.
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