« Rémy Daillet n’attend qu’une chose, c’est recommencer. » La vice-procureure antiterroriste ne voit rien à sauver dans la « logorrhée complotiste délirante » de « l’idéologue » et « chef de la mouvance » jugé pour un projet de coup d’Etat terroriste et pour l’enlèvement de Mia, 8 ans, en avril 2021. Mardi 6 octobre, Alice Dubernet achève son réquisitoire sur le seul des quinze co-prévenus qui comparaît dans le box depuis trois semaines : Rémy Daillet. Sept ans de prison ferme ont été requis contre lui, assortis d’une mesure de sûreté des deux tiers, soit la peine la plus importante.
Certains des prévenus ont fait un pas pendant les débats qui ont occupé la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris. L’un a convenu avoir été « excessif dans ses idées » à l’époque. D’autres ont regretté leur implication dans le rapt d’une enfant en ne faisant confiance qu’à sa mère, sans connaître les raisons réelles de son placement, lié, entre autres, à la violence de cette dernière contre son ancien compagnon – qu’elle avait notamment poursuivi avec un couteau devant Mia –, à ses propos suicidaires tenus devant sa fille, à son refus de tout suivi médical ou de la scolariser… Mais pas Rémy Daillet.
Toujours « enfermé dans une distorsion de la réalité dans laquelle il se prend pour le tout », celui qui a fait preuve, selon le ministère public, d’une « capacité stupéfiante de manipulation à distance » depuis la Malaisie – où il vivait alors –, est « incapable de la moindre autocritique » plus de cinq ans après. Soit, résume la vice-procureure, « tout ce qui correspond à ce que ces murs ont l’habitude d’appeler “radicalisation”. »
Depuis le 15 septembre, le tribunal juge le projet de « renversement » de Rémy Daillet, qualifié de terroriste, et les membres du réseau qu’il avait tissé pour le mener à bien. Des hommes « unis par leur colère contre le système », avance la vice-procureure Dubernet. Elle et son confrère du Parquet national antiterroriste ont requis des peines aussi diverses que les profils des prévenus, allant d’un an de sursis simple à sept ans de prison ferme : deux ans dont un avec sursis contre un professeur de chimie qui a partagé une recette d’explosif ; trois ans dont dix-neuf mois avec sursis contre la mère de la fillette, « commanditaire » du rapt de sa fille dont elle avait perdu la garde ; cinq ans dont un avec sursis contre un ancien militaire, chef de la branche « action » du mouvement…
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