Un pétrolier transport du gazole russe navigue vers New York, une première depuis l’accord entre la Russie et les Etats-Unis
Un premier pétrolier transportant près de 300 000 barils de gazole russe fait route vers New York, selon les données de suivi maritime de Kpler, à la suite de l’accord entre Washington et Moscou annoncé au début d’octobre par Donald Trump.
L’Agioi-Fanendes (IMO : 9798375), sous pavillon maltais et exploité par l’opérateur grec Eastmed, a quitté le terminal russe de Primorsk dans la nuit du 22 au 23 octobre. Vendredi, il se trouvait au large d’Helsinki et affichait New York comme destination. Son arrivée est prévue le 7 novembre, selon les données de son transpondeur AIS, susceptibles d’évoluer, soit quatre jours après les élections américaines de mi-mandat.
L’agence Bloomberg évalue la cargaison à près de 43 000 tonnes de diesel à très faible teneur en soufre, soit un peu moins de 320 000 barils. Selon l’agence, il s’agirait de la première livraison de carburant raffiné russe aux États-Unis depuis l’interruption des importations après l’invasion de l’Ukraine en 2022. Le Trésor américain a accordé une dérogation autorisant ces livraisons jusqu’en avril prochain. L’identité de l’acheteur et du vendeur n’a pas été précisée.
Washington présente cet accord comme un moyen de freiner l’envolée des prix du carburant, sur fond de perturbations liées à la guerre israélo-américaine au Moyen-Orient. Le gazole, utilisé par les poids lourds et les tracteurs, pèse sur les coûts du transport et de l’agriculture, et donc sur les prix de nombreux produits. Le vice-premier ministre russe chargé de l’énergie, Alexandre Novak, affirme que Moscou pourrait fournir à terme entre 3 et 3,5 millions de tonnes aux marchés américain et mondial.
Accord contesté
Kiev et ses alliés européens ont vivement critiqué l’accord, Volodymyr Zelensky le qualifiant de « faible » et d’« indigne ». Des élus américains et européens dénoncent également les recettes supplémentaires qu’il procurera à Moscou pour financer sa guerre et jugent, les volumes trop limités pour faire sensiblement baisser les prix. Donald Trump assure au contraire avoir « fait le bon choix pour le peuple américain » et reproche aux Européens leur « hypocrisie », en raison de leurs propres achats d’hydrocarbures russes.
Cet accord s’inscrit dans un nouveau regain de tensions entre Washington et Kiev : Donald Trump accuse les frappes ukrainiennes contre les raffineries russes de contribuer à la hausse des prix. Parallèlement, des négociations entre Russes, Ukrainiens et Américains sont prévues en novembre à Abou Dhabi, selon le Kremlin. Kiev réclame un gel du front comme préalable aux pourparlers, tandis que Vladimir Poutine exige un accord final plutôt qu’une « courte pause dans les combats » qui permettrait à l’Ukraine de se réarmer.