Chroniques de guerre

Une Russe à Paris

Une Russe à Paris

« On ne peut pas prolonger un visa de ce type. Adressez-vous plutôt à l’ambassade de Russie », me dit l’employée compatissante au guichet de la Préfecture de Paris, sur l’île de la Cité. Des gouttes de pluie de novembre coulent le long de mon parapluie Monoprix et finissent dans mes baskets. Difficile d’imaginer un conseil plus absurde. Mais la jeune femme à l’accueil ne s’en doute même pas.

Fondatrice d’un média russe indépendant, j’ai dans mon pays le statut officiel et discriminatoire d’« agente de l’étranger », qu’on attribue à des journalistes comme aux opposants politiques, ce qui implique un tas de restrictions et d’interdictions, depuis l’obligation de mentionner ce statut dans toutes vos publications jusqu’à des sanctions financières.

Les autorités russes font tout pour empêcher les gens de vivre normalement et pour les obliger à partir. En revanche, je me trouve en bonne compagnie : le pianiste mondialement connu Evgeny Kissin, la politologue Nina Khrouchtcheva, arrière-petite fille du leader soviétique Nikita Khrouchtchev, le blogueur Iouri Doud et des centaines d’autres.

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