Une Russe à Paris
La fin du mois d’août approche, nous rentrons de Turquie où nous avons passé nos vacances en famille. Je dois me replonger dans les affaires courantes. Il faut d’urgence inscrire ma fille, Bella, dans une nouvelle école, préparer un déménagement. Soudain, en faisant mon jogging, je ressens une douleur forte, semblable aux règles. D’habitude, un comprimé ou deux d’ibuprofène suffisent, mais cette fois quelque chose ne va pas. Deux jours plus tard, je prends rendez-vous sur Doctolib.
Journaliste russe, exilée en France depuis la guerre en Ukraine, bannie de mon pays par un régime qui me colle le statut d’« agente de l’étranger », je regarde parfois sur Internet les échanges de compatriotes. Ils regorgent de plaintes contre le système de soin français et d’histoires de malades qui attendent pendant des mois un rendez-vous chez un spécialiste. Ces récits m’ont toujours semblé exagérés, d’autant que Doctolib simplifie et accélère la recherche de presque n’importe quel médecin ou examen. A condition, bien sûr, d’avoir les moyens de payer les tarifs du secteur 2. Mais je sais relativiser depuis que j’ai habité en Californie, où une assurance mensuelle peut être aussi chère qu’une assurance annuelle en France. Alors je me moque de ces histoires d’émigrés.
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