Vingt-trois grands économistes pressent les élus d’agir enfin pour stopper le décrochage français
L’appel a des accents solennels. A sept mois de l’élection présidentielle de 2027, les 23 membres du Conseil d’analyse économique (CAE), un collège d’experts chargés d’éclairer le premier ministre, signent, jeudi 8 octobre, une longue note collective. La première depuis 2014. Ces spécialistes réputés, comme Emmanuelle Auriol, Antoine Bozio, Xavier Jaravel ou encore Xavier Ragot, y développent un message simple : il devient urgent d’agir pour stopper le décrochage français.
Ces économistes ne figurent pas parmi les plus critiques, comme Thomas Piketty ou Gabriel Zucman. Leur propos, soutenu par le prix Nobel Jean Tirole, pourrait être davantage écouté au sein du bloc central et de la droite : nombre de politiques publiques menées depuis trente ans « ne sont plus tenables », affirment-ils. Il faut les corriger en profondeur. En commençant par réduire massivement le déficit. Sans s’en tenir pour autant aux simples recettes libérales : rénover l’éducation, combattre la pauvreté et réduire les inégalités sont également jugés essentiels. Quitte à augmenter certains impôts.
« Trop d’années ont été perdues, du fait notamment de l’instabilité politique, commente Xavier Jaravel, président délégué du CAE et professeur à la London School of Economics. C’est évident en matière d’éducation, avec six ministres qui se sont succédé en cinq ans. A présent, le temps de l’action est venu. »
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