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Violences de militants d’ultradroite en marge du 24 octobre : plusieurs enquêtes ouvertes ; « à aucun moment la police ne les a protégés », défend Laurent Nuñez

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Une enquête pour « violences aggravées » a été ouverte à Rouen après la diffusion par le média Blast d’une vidéo où des militants identitaires frappent un homme après la dispersion de la manifestation du 24 octobre, a annoncé le procureur de la République de Rouen, Sébastien Gallois, dans un communiqué paru lundi 26 octobre.

Sur la vidéo du média en ligne, on voit un groupe d’individus, certains masqués et cagoulés, courir dans le centre-ville avant de frapper un homme à terre. Quelques instants plus tard, une dizaine de policiers passent au travers du groupe pour aller contrôler la victime des coups, alors que les auteurs des violences se replient aux cris de « Rouen nationaliste » et « la rue, la France, nous appartient ».

Des scènes similaires se sont déroulées dans une « dizaine de villes », selon le ministère de l’intérieur. A Nancy, un groupe de personnes cagoulées s’en prend à des manifestants, leur lance des projectiles, puis, en chantant La Marseillaise, ils se placent derrière des gendarmes mobiles qui interviennent en direction du cortège, selon une vidéo postée par Libération.

A Montpellier, le maire Michaël Delafosse (Parti socialiste) a dénoncé une « milice d’extrême droite » ayant « fait usage de la violence contre des manifestants » samedi dans les rues de sa ville. Le parquet de Montpellier a annoncé lundi l’ouverture d’une enquête pour « identifier ces individus ».

A Nice, 11 militants présumés d’ultradroite, soupçonnés d’avoir voulu se livrer à des violences lors des manifestants, vont être jugés pour « association de malfaiteurs en vue de commettre des violences volontaires aggravées », a annoncé lundi le procureur de Nice, Damien Martinelli. Sur des images relayées sur les réseaux sociaux, on voit des hommes en noir masqués se ruer sur des manifestants visiblement non-violents.

« On ne protège personne, certainement pas »

« Plusieurs d’entre eux présentent des antécédents judiciaires, notamment pour des faits de violences », ajoute le magistrat. « Interpellés dans deux véhicules, certains étaient en possession de masques, gants, gazeuses et matraques », avait fait savoir dimanche le parquet. Leur interpellation avait eu lieu avant les faits de violence commis samedi. Le procureur a pris « des réquisitions de placement en détention provisoire » jusqu’à leur comparution mardi.

Samedi, la préfecture avait fait savoir « qu’une centaine de militants d’ultradroite masqués » avaient convergé l’après-midi vers le centre-ville pour « affronter physiquement les manifestants », qui étaient au plus fort de la journée 2 300 dans les rues de Nice. Ils « se sont donné pour mission de protéger les commerces et plus fréquemment, en réalité, ont cherché l’affrontement avec les militants d’ultragauche », avait dit dimanche à l’AFP le ministère de l’intérieur.

« Les forces de sécurité ont manœuvré tout l’après-midi pour empêcher les deux groupes de se rencontrer », ajoutait la préfecture, constatant qu’en fin de journée, « des rixes ont eu lieu aux abords du Vieux-Nice entre des individus violents issus des deux groupes, très mobiles », avec « trois blessés légers pris en charge par les sapeurs-pompiers ».

La France insoumise a accusé les forces de l’ordre d’avoir « protégé les milices d’extrême droite ». « Non, certainement pas », a défendu le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez, lundi sur BFM-TV et RMC. Policiers et gendarmes « sont intervenus à de nombreuses reprises pour disperser, empêcher les affrontements entre l’ultragauche et l’ultradroite » lorsqu’ils constataient des rixes, a assuré M. Nuñez. « Non, on ne protège personne, certainement pas », s’est-il agacé. « Je veux couper court à ces rumeurs : à aucun moment, évidemment, la police ne les a protégés. A aucun moment ils n’ont travaillé en concertation avec des policiers et des gendarmes. »

Dans le contexte des manifestations, avec les risques de violences et de dégradations, « les militants d’ultradroite n’ont pas systématiquement été interpellés », avait expliqué Beauvau dimanche pour justifier l’attitude des forces de l’ordre. « Les policiers et les gendarmes avaient une mission, c’était d’éviter les pillages et de mettre un terme aux exactions de la mouvance d’extrême gauche » pendant les cortèges, a insisté le ministre de l’intérieur.