On sait souvent ce qu’on perd, mais rarement ce que l’on s’apprête à gagner. Les victimes de violences sexuelles dans l’Eglise, qui se mobilisent depuis des années pour que soit reconnue leur souffrance et que justice leur soit rendue, ont toutes cette idée en tête depuis que les évêques ont annoncé en avril un nouveau dispositif pour les accompagner. « Renaître », comme les prélats ont décidé de l’appeler, doit entrer en vigueur le 1er septembre, en remplacement de l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr) mis en place en 2021, après la publication du rapport de la commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (Ciase), le 5 octobre 2021. L’objectif est, cette fois aussi, « l’accueil », « l’écoute » et « l’accompagnement » « des personnes victimes de violences sexuelles, lorsqu’elles étaient mineures ».
Si l’Inirr, organisme totalement indépendant, disposait de plusieurs dizaines de personnes salariées ou bénévoles, parmi lesquelles des avocats, des psychologues ou des médecins, pour s’occuper des victimes dans leur parcours de justice réparative, Renaître devrait reposer sur une instance centrale comptant quelques salariés et un réseau d’accompagnateurs détachés dans chaque diocèse. Pour se faire connaître, les victimes devront s’adresser aux cellules d’écoute mises en place par chaque évêque, lesquels les renverront ensuite vers l’instance centrale ou vers les personnes chargées du sujet dans les diocèses. Ceux qui le souhaitent peuvent aussi s’adresser directement à la présidence de Renaître.
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