Le maillot de leader n’est plus jaune mais rouge, les Pyrénées sont espagnoles, et la rentrée se profile. Après le Tour de France, l’heure du dernier feuilleton de l’été a sonné pour le peloton, à savoir la Vuelta. La 81ᵉ édition du Tour d’Espagne commence, samedi 22 août, par un contre-la-montre dans les rues de Monaco, avant de rejoindre les routes catalanes lors de la 5ᵉ étape. Elle prendra fin à Grenade, dimanche 13 septembre. Un an après que les manifestations propalestiniennes ont grandement perturbé les trois semaines de course, les organisateurs espèrent que l’épreuve sera moins agitée.
Tadej Pogacar, l’incontestable favori
Aussi conquérant soit-il, Tadej Pogacar ne fait pas encore partie du cercle très fermé des lauréats des trois grands tours (Tour de France, Tour d’Italie et Tour d’Espagne), composé de huit coureurs, qu’a rejoint le Danois Jonas Vingegaard après sa victoire sur le Giro, en mai. Lors de sa seule participation à la Vuelta, en 2019, le Slovène de 27 ans avait terminé à la 3ᵉ place et décroché le maillot de meilleur jeune. « C’était mon premier grand tour et j’y avais vécu une expérience incroyable », expliquait-il, lundi 3 août. Moins d’un mois après son cinquième succès sur le Tour de France, l’objectif du double champion du monde sera donc d’achever cette trilogie. En l’absence de Jonas Vingegaard, qui a mis un terme à sa saison, personne ne semble en mesure de l’en empêcher.
Quels outsiders pour viser le podium ?
En cas de défaillance ou de mésaventure de l’omnipotent Tadej Pogacar, plusieurs profils se dégagent pour cueillir les lauriers. Le Portugais Joao Almeida, son coéquipier au sein de la formation UAE Team Emirates XRG, fait figure de candidat crédible, après avoir terminé 2ᵉ de la Vuelta en 2025. Le Slovène Primoz Roglic (Red Bull-Bora-Hansgrohe), vainqueur de quatre des six derniers Tours d’Espagne auxquels il a participé, sera présent malgré une grosse chute à l’entraînement, à la fin du mois de juillet, et visera également les accessits.
Lauréat de l’édition 2023, Sepp Kuss va également prendre le départ de la course. Mais, après avoir déjà disputé le Giro et le Tour de France cette saison, l’Américain de la Visma-Lease a Bike pourrait se contenter de lorgner les victoires d’étape. La formation Decathlon CMA CGM, qui n’a pas aligné le Lyonnais Paul Seixas, se reposera sur deux coleaders : l’Américain Matthew Riccitello, meilleur jeune de la Vuelta en 2025, et l’Autrichien Felix Gall. Ce dernier vient de remporter le Tour de Burgos (Espagne), devant le Britannique Oscar Onley, qui mènera la formation Netcompany-Ineos après sa 4ᵉ place prometteuse sur le Tour de France 2025.
Un fort dénivelé positif
Lors de l’annonce du parcours de la Vuelta, en décembre 2025, Javier Guillen, le patron de la course, avait prévenu : « Ce sera l’une des éditions les plus exigeantes de l’histoire. » Avec 58 156 mètres de dénivelé positif – contre 53 950 sur la Grande Boucle ou 48 700 sur le Giro –, jamais le Tour d’Espagne n’avait été aussi riche en cols et en (longues) ascensions. Celles-ci pourraient profiter à Richard Carapaz, qui aura certainement pour ambition de s’adjuger le maillot de meilleur grimpeur, qu’il a remporté il y a moins d’un mois sur le Tour de France.
L’Equatorien d’EF Education-EasyPost aura de nouveau pour concurrent Valentin Paret-Peintre. Frustré d’avoir raté cet objectif sur la Grande Boucle, le Haut-Savoyard de la Soudal Quick-Step veut se rattraper ou, à tout le moins, compléter « sa » trilogie des succès d’étape. « Je serais déçu d’arrêter ma carrière sans compléter chaque victoire sur le Grand Tour », a confié sur RMC Sport, vendredi 7 août, celui qui s’est imposé sur le Giro en 2024, puis sur le Tour de France en 2025.
Les Tricolores à l’affût
Au total, 23 autres Français vont prendre le départ de cette Vuelta, avec, pour certains, l’objectif de lever les bras à l’issue d’une étape, ce qu’ils n’ont pas réussi à faire pendant la Grande Boucle. En montagne, Léo Bisiaux sera d’une aide précieuse pour ses coleaders, mais le grimpeur de 21 ans de Decathlon CMA CGM pourrait tenter de s’imposer lors de l’une des sept arrivées au sommet, si Tadej Pogacar n’en décide pas autrement.
Au sein de la Visma-Lease a Bike, Bruno Armirail aura l’occasion de s’illustrer lors des deux contre-la-montre prévus (1ʳᵉ et 18ᵉ étapes), après avoir contribué au succès des siens lors du chrono par équipes à Barcelone, lors de l’étape inaugurale du Tour de France. Son coéquipier Christophe Laporte pourrait saisir sa chance lors des sprints groupés. Une ambition que partage Gorka Gerrikagoitia, le directeur sportif de la formation française Cofidis : « Notre objectif majeur, ce sera de gagner une étape. Nous pourrons compter sur Bryan Coquard. »
Un maillot vert convoité
Le sprinteur français de 34 ans aura cependant du mal à s’immiscer dans la course au classement par points, où le Belge Wout van Aert et le Danois Mads Pedersen espèrent se distinguer. Le premier fait son retour progressif à la compétition, deux mois après son hospitalisation en raison d’une infection au coude gauche. « Porter le maillot rouge pendant les premières étapes est dans un coin de ma tête, a confié le coureur de la Visma-Lease a Bike au média belge Het Laatste Nieuws. Après avoir vu la performance de Pedersen sur le Tour [de France], je me suis dit que ça devait être sympa d’être lui. » Le coureur de Lidl-Trek avait remporté le maillot vert sur la Grande Boucle. Une performance qu’il a accomplie lors de ses deux participations au Tour d’Espagne, en 2022 et 2025.