« Wake in Fright », de Ted Kotcheff, véritable descente aux enfers dans l’outback australien, retrouve le chemin des salles
Dans le cinéma des années 1970, l’enfer a connu de nombreuses destinations, que ce soit la jungle du Sud-Vietnam (Voyage au bout de l’enfer, de Michael Cimino, 1978) ou un gratte-ciel de San Francisco (La Tour infernale, de John Guillermin, 1974). Avec Wake in Fright (son titre original, plus répandu que sa traduction française Réveil dans la terreur), le Canadien Ted Kotcheff (1931-2025), futur père de Rambo (1982), lui choisit un nouveau domicile : l’outback australien, limbes encore plus perturbantes où le diable peut avoir le visage du premier bushman venu.
Echec à sa sortie, en 1971, cette œuvre maudite est tombée aux oubliettes pendant trente ans, avant d’être retrouvée in extremis, en 2002, dans un entrepôt de Pittsburgh (Pennsylvanie), dans une boîte poussiéreuse portant la mention « A détruire ». Exhumé une première fois en 2014, ce film irradié d’un soleil malveillant revient dans les nouveaux habits d’une restauration 4K, qui rend justice à son ambiance torpide.
D’après un roman de Kenneth Cook (Cinq matins de trop, 1961), Wake in Fright prend la forme d’un « lost weekend » – dans la lignée du Poison (The Lost Weekend, 1945) de Billy Wilder –, soit la chronique d’une dégringolade sur une courte unité de temps. John Grant (Gary Bond), instituteur malgré lui dans une petite bourgade perdue, s’apprête à rejoindre Sydney pour des vacances auprès de sa dulcinée. Lors d’une escale dans la petite ville minière de Bundanyabba, il se laisse aller à une sortie dans un pub, doublé d’un tripot.
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