Xenia Fedorova : la justice administrative rejette un recours de la propagandiste pro-Poutine contre son arrêté d’expulsion
Le tribunal administratif de Paris a rejeté, lundi 3 août, un recours en référé-liberté de la chroniqueuse russe pro-Kremlin Xenia Fedorova, contre son expulsion du territoire et le gel de ses avoirs, faute d’avoir démontré une « extrême urgence ».
Xenia Fedorova, assignée depuis mercredi à résidence, n’a exposé « aucun besoin de sortir du territoire parisien », « sollicité aucune autorisation auprès du préfet de police » et s’est limitée « à indiquer, sans aucune précision, que l’obligation de pointage lui cause une gêne », a rapporté le tribunal dans un communiqué. En conséquence, « le juge des référés a estimé que la condition d’extrême urgence ne pouvait être retenue ».
L’ex-dirigeante de RT France, chaîne financée par le Kremlin, est victime, selon son avocat, Me Emmanuel Piwnica, d’un « acharnement ».
« Pas une atteinte à la liberté d’expression »
L’intéressée a dénoncé « une forme entièrement nouvelle de pression politique » et une « censure des opinions qui ne correspondent pas au discours officiel ». « Mon comportement (…) consiste à vivre en France depuis près de dix ans dans le respect de la loi, à payer mes impôts, mais aussi à avoir une opinion et à l’exprimer dans le cadre de mon travail de journaliste », s’est défendu sur X celle qui est désormais la figure pro-Poutine de CNews.
Vendredi, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a assuré que cet arrêté d’expulsion n’est « pas une atteinte à la liberté d’expression », car il est « très motivé » et « fait référence à de nombreux propos qu’elle a pu tenir et qui systématiquement reprennent la propagande du Kremlin sur l’engagement de la France, sur ce qui se passe en Ukraine, sur les raisons, les motivations de l’agression russe en Ukraine. Systématiquement, elle reprend le verbatim au mot près de la Russie et elle intervient dans le débat politique français sur ces sujets ».
« Ce qui est en cause, c’est que Mme Fedorova est une citoyenne russe qui est venue en France comme agente d’influence pour relayer la propagande russe, avec les méthodes du Kremlin, et perturber ainsi notre débat public et démocratique », a de son côté justifié le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, dans La Provence.
« Propagandiste russe notoire »
Xenia Fedorova intervient aussi sur Europe 1 et signe également une chronique dans l’hebdomadaire Le JDNews. Ses employeurs, les groupes Canal+ et Lagardère, ont dénoncé, dans un communiqué commun « une atteinte particulièrement grave à la liberté d’expression et au pluralisme des opinions », apportant leur « plein soutien à Mme Fedorova ».
Alors que l’interdiction de diffusion des médias d’Etat russes tels Sputnik et RT est effective dans l’Union européenne (UE) depuis mars 2022, quelques jours après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, Xenia Fedorova défend régulièrement les positions du Kremlin dans les médias dans le giron du milliardaire ultraconservateur Vincent Bolloré.
Le gouvernement français et le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, ont qualifié à plusieurs reprises Xenia Fedorova de « propagandiste » du Kremlin. Des eurodéputés du groupe centriste Renew ont demandé, depuis, à l’UE de prendre des sanctions à l’encontre de Xenia Fedorova, « propagandiste russe notoire », coupable, selon eux, de la diffusion de « narratifs grossièrement manipulatoires sur la guerre en Ukraine et à l’égard de l’UE ».