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« Pour relancer une grande politique d’intégration, il faut en faire une priorité gouvernementale dissociée de la question de l’immigration »

C’est une déferlante absolument pacifique et passée totalement inaperçue. Arrivés à l’âge de la maturité, voire à celui où l’on se retourne sur sa vie, les filles et les fils des immigrés maghrébins des « trente glorieuses » prennent la plume pour raconter leur enfance, leurs parents, leur France, leurs douleurs et souvent, aussi, leur réussite. Le cinéaste Mehdi Charef avait ouvert la voie avec une émouvante trilogie de romans achevée et couronnée par  (Hors d’atteinte, 2021) et complétée par (Hors d’atteinte, 2023).

L’islamologue et écrivain Rachid Benzine est, lui, parti à la recherche des (Seuil, 2023), tout comme le journaliste Abdelkrim Saifi (,Anne Carrière, 2023) et la comédienne Rachida Brakni avec (Stock, 2024). Point commun : rendre hommage à des parents dont l’histoire d’anciens colonisés installés chez l’ex-colonisateur était presque impossible à transmettre, mais dont le courage et les valeurs morales ont modelé le destin des enfants.

Derniers en date, Smaïn Laacher et Marwan Mohammed, significativement deux sociologues, se sont livrés, chacun à sa manière, très différente, à cet exercice. Même s’ils n’utilisent presque jamais le mot piégé d’« intégration », leurs livres enrichissent notablement les savoirs sur ce processus dont la plupart des responsables politiques se désintéressent en prétendant, soit qu’il a des relents coloniaux, soit qu’il a échoué.

Dans (Grasset, 2025, 160 pages, 18 euros), Smaïn Laacher décrit avec subtilité le double processus de séparation, éprouvant mais émancipateur, d’avec sa propre mère et d’avec son pays d’origine, cette .L’universitaire signe un hymne aux enseignants qui lui ont permis de négocier ce douloureux éloignement, et de .

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