Culture

A Bâle, un retour sur la flamboyante collectionneuse suisse Gertrud Dübi-Müller

A Bâle, un retour sur la flamboyante collectionneuse suisse Gertrud Dübi-Müller

Connaissez-vous Charles-Elzéard Trabuc ? Il était infirmier et chef surveillant à l’asile psychiatrique de Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône). Un portrait le représente vêtu d’une veste rayée, le regard sévère et l’air autoritaire. Il a été peint en 1889 par un de ses pensionnaires, un dénommé Vincent Van Gogh. C’est un des premiers tableaux dont une jeune héritière suisse, Gertrud Dübi-Müller (1888-1980), fit l’acquisition en 1907 ou 1908, juste après avoir atteint sa majorité. Pas un de ses paysages, qui peuvent être tendres, mais une figure parmi les plus austères. Il est exposé, avec 80 œuvres issues de sa collection (elle en compte environ 190, dont des Cézanne incroyables, des Matisse radicaux, un Léger atypique), au Kunstmuseum de Bâle qui raconte ainsi l’histoire de cette femme peu banale.

Orson Welles, dans Le Troisième homme (1949), place cette réplique cruelle dans la bouche d’un de ses personnages : « En Italie, pendant 30 ans sous les Borgia, ils ont eu la guerre, la terreur, le meurtre et l’effusion de sang, mais ils ont produit Michel-Ange, Léonard de Vinci et la Renaissance. En Suisse, ils ont eu 500 ans de démocratie et de paix, et qu’est-ce que ça a produit ? L’horloge à coucou ! » Outre que le coucou est originaire de Forêt-Noire, la philippique n’explique pas l’incroyable talent qu’ont eu les Suisses pour regarder et acquérir de l’art.

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