A la Cinémathèque française, à Paris, les adieux au cinéma de Damien Odoul
A moins d’être mort et enterré, il n’est pas dans l’ordre des choses qu’un cinéaste se voie célébrer par la Cinémathèque française, à Paris, pour la cessation officielle de ses activités cinématographiques. C’est pourtant ce qui arrive aujourd’hui à Damien Odoul, 58 ans, dont l’œuvre intégrale sera projetée du mercredi 21 au jeudi 29 octobre. Seize courts et dix longs-métrages en trente-quatre ans d’activité passeront donc ici et il conviendrait, en effet, d’en rendre un peu plus notoires l’audace, la rage, la poésie, la rareté. Une œuvre dont la vitalité, la joie, le scandale débordent de partout.
Pour s’en tenir aux longs, l’affaire s’ouvre sur Morasseix (1992), produit sans surprise par le cinéaste Patrick Grandperret (1946-2019) et resté inédit durant douze ans, plongée profonde chez un anar de la cambrousse entouré de ses amis, tableaux dédiés à la célébration primitive, inquiétante et farcesque à la fois de la chère, du rugby et de la provocation déconnante. Le cousinage avec le Jean-François Stévenin (1944-2021) de Passe-montagne (1978) doit être suggéré.
Le Souffle (2000), primé à la Mostra de Venise en 2001, met en scène le séjour dionysiaque et fiévreux d’un adolescent chez ses deux oncles à la campagne. Un être en devenir, en quête explosive de déchaînement et d’accomplissement, s’y forge dans l’agonie libératoire des rites anciens. L’Histoire de Richard O. (2006), film insensé et jouisseur, tourne, quant à lui, au marathon sexuel urbain avec l’acteur Mathieu Amalric en exultant animal de laboratoire.
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