A la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, derrière un triple narchomicide barbare, des preuves matérielles compromettantes
Il est 16 h 45, mercredi 21 octobre à Aix-en-Provence, à la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, quand la commandante de police Marion Costa, pantalon et veste noire, débouche sa petite bouteille d’eau et prend une grande gorgée. Elle vient de parler, sans notes, pendant presque deux heures, sur un débit de mitraillette, racontant par le menu son enquête.
Tout semble parfaitement rangé dans son récit aux ramifications « tentaculaires », selon ses mots. Une instruction qui vaut à cinq accusés d’être soupçonnés d’avoir organisé et d’avoir participé à un guet-apens ayant conduit au triple assassinat, le 29 décembre 2020, de Réda Khaldi, Nassim Loubani et Brahim Chabane, le demi-frère du militant Amine Kessaci.
Dans le box des accusés, au côté d’Amine Oualane, un des futurs leaders présumés de la DZ Mafia, sont assis Malik Kariba, Ahmed Bensaci, Nadjim Ahamada Mbae, et Karim Harrat, à l’époque figure du trafic de stupéfiant marseillais.
Mercredi, le président de la cour d’assises s’est senti dans l’obligation de saluer « la performance » de la commandante de police Costa et il a suspendu l’audience pour permettre à tout le monde de retrouver ses esprits. A son troisième jour, le procès, qui doit encore durer deux semaines et demie, venait d’entrer dans le vif du sujet, et de plonger dans les méandres d’un crime barbare, qui annonçait la violence inouïe qui devait embraser la cité phocéenne deux années plus tard.
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