A La Courneuve et Saint-Denis, entre colère, débrouille et entraide face à la canicule : « S’ils nous avaient mis des volets, on ne souffrirait pas comme ça »
Rien ne bouge dans l’allée du Progrès à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), ce mercredi 24 juin, en ce milieu de matinée caniculaire. Dehors, le thermomètre affiche 31 degrés. Au 6e étage d’un HLM géré par le bailleur Seine-Saint-Denis habitat, Dania (certaines personnes rencontrées n’ont pas souhaité donner leur nom), 87 ans, est plongée dans la pénombre. Les rideaux sont tirés et le plafonnier éteint « pour que la grande lumière ne chauffe pas encore plus la pièce ».
« Le matin, j’ai un cachet à prendre à jeun à 6 heures, j’ouvre les fenêtres, et dès que le soleil vient, je ferme. Je suis obligée de vivre toute la journée dans le noir », dit-elle, et aussitôt ses yeux se mouillent. « J’en ai marre, confie-t-elle. Les nerfs en prennent un coup. S’ils nous avaient mis des volets, depuis le temps qu’on en parle. C’est des enfoirés quand même, désolée de dire ça, mais si c’était déjà fait, on ne souffrirait pas comme ça. »
Un ventilateur brasse doucement l’air étouffant. Sur la table du salon, Dania a collé plusieurs mini-post-it avec des numéros, dont sa référence de locataire pour ses appels au bailleur social, qu’elle ne cesse de relancer pour la réparation de l’ascenseur de l’immeuble. « Il a été en panne du 4 mai au 5 juin, donc déjà pendant la première canicule, et il est de nouveau à l’arrêt depuis une semaine parce qu’une pièce est défectueuse, un enfant a été retenu une heure dedans, les pompiers sont intervenus », raconte-t-elle.
Ascenseur en panne
Coincée dans son appartement devenu bouilloire thermique, elle s’inquiète que l’infirmière renonce à venir pour sa prise de sang. « Quand l’ascenseur fonctionne, lorsque je m’ennuie, je vais dehors », poursuit-elle. Depuis la panne début mai, la Maison des seniors Marcel-Paul lui a envoyé deux fois une personne pour l’aider à descendre et remonter, « en m’éclairant avec son téléphone, dans l’escalier, quand la minuterie s’arrête, parce que je fais du marche par marche ».
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