Actualités principales

A Narbonne, Louis, 17 ans, meurt après une violente agression filmée

A Narbonne, Louis, 17 ans, meurt après une violente agression filmée

Les taches de sang séché constellent encore, jeudi 25 juin, l’escalier d’un chantier de Narbonne (Aude) où Louis, 17 ans, a été violemment passé à tabac par plusieurs jeunes, vendredi, avant de succomber à ses blessures quelques jours plus tard, provoquant de nombreuses réactions politiques, du centre à l’extrême droite.

Marine Le Pen a fustigé, mercredi, une « barbarie du quotidien », et Jordan Bardella, un « ensauvagement », « symbole d’un pays à la dérive », tandis que Gabriel Attal, candidat Renaissance à la présidentielle, a appelé à « un choc d’autorité ».

La victime, accueillie depuis mai dans une structure de l’aide sociale à l’enfance (ASE) à Narbonne, a été découverte inanimée samedi matin sur le site du chantier de cette résidence pour seniors, après avoir été rouée de coups la veille au soir.

Multiples hématomes au visage

Sur les images de l’agression, visibles sur les réseaux sociaux et diffusées floutées par plusieurs chaînes d’information en continu, plusieurs personnes portent de grands coups de poing et de pied à Louis, prostré au sol, dans ce qui semble être une cage d’escalier. Un individu accroupi au-dessus de lui assène les coups les plus violents, au visage.

Cette vidéo a été adressée dès vendredi soir par l’un des mis en cause à une connaissance qui, choquée, a alerté les secours, selon une source policière. Mais les images ne permettant pas d’identifier la zone, les pompiers ont quadrillé la ville en vain, avant qu’un ouvrier du chantier ne prévienne les forces de l’ordre le lendemain peu après 9 heures.

Le jeune homme, qui présentait notamment « de multiples hématomes au visage ainsi que divers saignements au niveau de la bouche et du nez », selon la description qu’en a fait le procureur de la République de Narbonne, Jean-Philippe Rey, lors d’une conférence de presse mercredi, a été immédiatement hospitalisé, d’abord à Narbonne, puis à Perpignan, au vu de la gravité de son état. Il a succombé mardi à ses blessures.

Cinq jeunes ont rapidement été identifiés grâce aux images et un important travail de téléphonie, selon des sources policières. Ils ont été interpellés, puis mis en examen, mardi, pour tentative d’assassinat – un chef susceptible d’être requalifié après le décès de la victime – et placés en détention provisoire.

Le mobile demeure inconnu

Les mis en cause, dont l’un aurait entretenu un différend avec la victime, selon une source policière, lui auraient donné rendez-vous à Narbonne, où il était de passage, sous un motif fallacieux.

« Le mobile du crime (…) demeure pour l’heure inconnu. Il est cependant d’ores et déjà possible d’affirmer qu’il est sans aucun lien avec un motif d’ordre racial », a déclaré, jeudi soir, le procureur de Narbonne, dans un communiqué destiné à « rectifier les informations erronées relayées par certains médias et sur les réseaux sociaux ». « Trois des mis en examen sont connus des services de l’ASE, mais aucun n’était placé au sein de la structure accueillant Louis », a poursuivi le magistrat.

Le chantier où il a été retrouvé, à deux pas de la gare de Narbonne, fait face au canal de la Robine. Les travaux ont repris et quelques ouvriers de nationalité turque y travaillent ce jeudi. Un bouquet de fleurs a été déposé sur le trottoir attenant au bâtiment.

Louis était hébergé provisoirement au sein d’une structure de l’ASE à Narbonne depuis mai, « en accord avec [s]es parents et à leur demande », a affirmé Chloé Danillon, vice-présidente du département de l’Aude déléguée à la protection de l’enfance, citée dans un communiqué.

Le jeune homme avait déposé plainte le 11 mai « pour des faits mettant en cause d’autres jeunes sans aucun lien avec les mis en examen », a, par ailleurs, précisé le procureur, Jean-Philippe Rey, face aux nombreuses hypothèses et insinuations fleurissant en ligne.

Puis, le 12 juin, onze jours avant sa mort, il s’était rendu dans une gendarmerie du Tarn pour « y dénoncer des faits de violences en réunion », sans toutefois déposer plainte. L’information judiciaire désormais ouverte devra établir le rôle exact de chacun des cinq mis en cause.

Vous avez peut-être manqué