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A la foire Art Basel Paris, les tensions sociales n’ont pas découragé les collectionneurs internationaux, venus en masse

· Culture

Il est des accrochages qui portent un souffle subversif, résonnant drôlement avec l’air du temps. C’est le cas de l’exposition en noir et blanc du galeriste Christophe Gaillard, incontestablement l’une des plus belles de la foire Art Basel Paris, qui se tient jusqu’au dimanche 25 octobre au Grand Palais. Au centre, une grande toile froissée de l’Américain Steven Parrino (1958-2005), évoquant la carrosserie d’une voiture après une collision – un motif prémonitoire pour l’artiste emporté dans un accident de moto en 2005. Juste à côté, une petite poubelle brûlée d’Anita Molinero, une œuvre prévue de longue date, mais dont l’écho est décuplé après les dégradations et violences survenues le week-end dernier.

Ailleurs à Art Basel Paris, d’autres œuvres rappellent le pouvoir insurrectionnel de l’art. La galerie Ceysson & Bénétière déploie ainsi le monumental NI de l’artiste Tania Mouraud, lettres géantes placardées dans la rue dans les années 1970, un arsenal militant pensé pour marquer les esprits. La galerie madrilène Mira met en lumière C.A.D.A. (Colectivo Acciones de Arte), un collectif qui défiait la dictature de Pinochet au cœur de l’espace public. Leurs photos de performance témoignent de cet engagement, comme ces tracts jetés depuis un avion en 1981, ou ces bannières pacifiques frappées de l’inscription No + (No mas, « plus jamais ») que les gens complétaient à la main en inscrivant le mot « peur » ou en dessinant des armes, écho à la brutalité du régime.

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