A l’Opéra de Lyon, un « Amour des trois oranges » ensorcelant
Inspiré de la pièce éponyme de Carlo Gozzi, L’Amour des trois oranges est un opéra dans lequel Serge Prokoviev s’ingénie, avec une science musicale peu commune, à battre en brèche le fondement de l’histoire : la maladie incurable d’un prince hypocondriaque. Donnée en ouverture de saison jusqu’au 20 octobre, la nouvelle production de l’Opéra de Lyon ne met que quelques minutes à prouver que le rire est capable d’apaiser tous les esprits, hypocondriaques ou non. Le prologue oppose les « Tragiques » et les « Comiques ». Avec leurs visages de cire et leurs costumes de « Gothiques », les représentants des deux camps semblent célébrer Halloween avec un peu d’avance… Ils posent surtout les bases d’un spectacle qui va faire du noir et du blanc la dialectique principale de son propos divertissant.
L’argument de Gozzi est conforme au genre du conte de fées. La solution envisagée pour résoudre le problème initial est simple, mais sa réalisation est entravée par des êtres malfaisants et dotés de pouvoirs surnaturels. Le prince d’un royaume imaginaire souffre, en fait, d’un abus de poésie neurasthénique. Pour le détourner de ses sombres pensées, le bouffon Truffaldino a pour mission d’organiser une grande fête que le premier ministre, Léandre, ne voit pas d’un bon œil depuis que la nièce du roi lui a promis de l’épouser s’il arrivait malheur à l’héritier.
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