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A Marseille, les habitants de squats vivent sur un fil

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Lancenie (les personnes citées par leur prénom n’ont pas précisé leur patronyme) a quitté le squat qui lui tenait lieu de domicile avant l’aube, mardi 16 juin. A 6 heures, la police est intervenue pour expulser les habitants de ce petit immeuble ancien de la rue Marengo, dans le centre de Marseille. Le jeune électricien est aussitôt rentré du travail. « On était plusieurs dans ce cas, on n’a pas eu le droit de récupérer nos papiers et des affaires », regrette-t-il, joint par téléphone. Leurs effets personnels ont été stockés dans un box. L’entrée a été condamnée par des plaques métalliques.

La semaine précédente, Le Monde s’était rendu sur place, avec l’association Justice et union pour la transformation sociale (JUST), qui aide les habitants de squats et bidonvilles à améliorer leurs conditions de vie. Rien ne laissait présager de l’imminence de l’opération de police. Ce lundi-là, nous voulions, comme expliqué aux quelques habitants présents, donner un aperçu de leur vie, en écho à une étude inédite de juin 2025 passée inaperçue, ISSimars : menée par Aix-Marseille Université et de nombreux acteurs de terrain, elle a permis d’établir que plus de 6 000 personnes vivent dans des squats à Marseille, sans compter les très nombreux enfants.

Un nombre particulièrement élevé, qu’Audrey Garino, adjointe communiste au maire, chargée du logement et de l’hébergement, explique notamment par le manque de places en centres d’accueils pour demandeurs d’asile (CADA) : « 3 000 pour environ 6 000 demandeurs », et de places d’hébergement d’urgence.

Locaux vétustes, chambres ordonnées

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