La cour d’appel de Paris a refusé, mardi 23 juin, de rouvrir l’enquête sur des accusations de viol portée par l’actrice Sand Van Roy contre le réalisateur Luc Besson, qui a déjà bénéficié d’un non-lieu, a indiqué au Monde une source judiciaire.
Les juges n’ont pas suivi l’argumentaire de la plaignante qui considérait notamment que des analyses ADN réalisées sur un sous-vêtement constituaient un « élément nouveau » permettant de rouvrir l’enquête. « Nous ne pouvons pas nous satisfaire de cette non-justice. Un pourvoi en cassation va être interjeté immédiatement », a réagi auprès de l’Agence France-Presse (AFP) Antoine Gitton, l’avocat de la plaignante.
Celui de Luc Besson, Thierry Marembert, s’est félicité, lui, « que la justice ait refusé de rouvrir cette affaire déjà maintes fois jugée ». « Au cours de cette longue enquête, tous les actes utiles à la manifestation de la vérité ont été effectués. Aucun de ces actes n’a permis d’établir le défaut de consentement de la plaignante », a-t-il souligné dans un communiqué.
L’affaire – l’une des plus emblématiques de #MeToo – avait donné lieu à un classement sans suite en février 2019, puis un non-lieu en décembre 2021, confirmé par la cour d’appel de Paris en mai 2022, puis par la Cour de cassation en juin 2023.
« Relation d’emprise professionnelle »
L’actrice belgo-néerlandaise avait déposé une plainte pour viol le 18 mai 2018, quelques heures après un rendez-vous dans un palace parisien dont les protagonistes ont donné deux versions différentes. Pour Sand Van Roy, l’influent cinéaste lui avait imposé une pénétration digitale, source d’évanouissement, malgré ses injonctions à arrêter. Une version, selon elle, accréditée par des constatations, le jour des faits, par les urgences médico-judiciaires.
Deux mois après sa plainte initiale, l’actrice déposait une plainte contre le cinéaste pour d’autres viols et agressions sexuelles commis, selon elle, entre 2016 et 2018, épisodes d’une « relation d’emprise professionnelle » sous menaces de « rétorsion sur sa carrière d’actrice ».
Luc Besson a regretté de son côté, une relation extra-conjugale dans un contexte de « subordination », alors que l’actrice avait tourné dans certains de ses films. Mais il avait relaté un rapport consenti empreint de « douceur ».
Dans ses réquisitions écrites rendues en février, le parquet général avait considéré que des analyses ADN, réalisées sur un sous-vêtement de la plaignante par un laboratoire néerlandais, constituaient un « élément nouveau susceptible de caractériser des charges nouvelles (…) justifiant la réouverture de l’information en vue de nouvelles investigations ».
A l’audience, qui s’est tenue à huis clos le 2 juin, la procureure s’était toutefois « interrogée sur la question de la définition de charge nouvelle », s’en remettant à la cour pour trancher, selon une source proche du dossier à l’AFP.