« Cela va ferrailler dur », pronostique-t-on à l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Dans un climat de défiance, l’Insee va dévoiler, mardi 7 juillet, lors d’une conférence de presse à Mamoudzou, le chef-lieu de Mayotte, le nombre d’habitants de l’île. En donnant les résultats du recensement exhaustif, qui s’est déroulé pendant huit semaines, du 27 novembre 2025 au 24 janvier 2026, avec des agents effectuant du porte-à-porte, la hiérarchie nationale et régionale de cette administration sait qu’elle va essuyer de nouveau une vive polémique. La quasi-totalité des élus et une partie de la population affirment que la démographie de l’île a explosé depuis 2017 – date du dernier recensement exhaustif (256 518 habitants) –, et que le département abriterait, selon eux, autour de 450 000 personnes, voire 500 000, en raison du taux de fécondité le plus élevé de France (3,6 enfants par femme) et de l’arrivée quasi quotidienne de personnes en situation irrégulière, en grande majorité des Comores voisines.
Or le verdict du recensement sera loin de ce contre-chiffre. Le résultat est proche des 321 000 habitants. Ce chiffre comprend les 299 600 bulletins individuels papier récoltés lors d’entretiens menés par plus de 700 agents recenseurs recrutés par les communes. Il faut ajouter les 11 000 réponses par Internet. L’Insee agrège ensuite un taux de 3,1 % correspondant aux occupants de logements qui n’ont pas répondu – un taux inférieur à ceux de l’Hexagone. Selon les informations du Monde, ce chiffre de 321 000 habitants est « le bon ordre de grandeur ». L’Insee en défend la rigueur méthodologique.
Il vous reste 74.3% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.