L’eldorado argentin a le visage d’un homme seul, buriné par le vent, rentrant à l’hôtel le pas lourd, en combinaison ignifuge après douze heures de travail. En fin de journée, les employés du secteur pétrolier se déversent sur l’artère principale d’Añelo, dans la province de Neuquen (Ouest), en Patagonie argentine. Ceux qui ne dorment pas sur site, là où le pétrole ou le gaz sont extraits, ont pour base cette ville-dortoir devenue en une poignée d’années le cœur battant de l’Argentine pétrolière et la destination d’habitants à la recherche d’une nouvelle vie. Tous ont le pétrole à la bouche.
« Vaca Muerta, c’est très bien, ça donne beaucoup de perspectives à la population », se réjouit Federico Lopez, 34 ans, venu pendant un mois de Rosario, ville à 1 200 kilomètres de là, afin d’installer des compresseurs de gaz sur l’un des gisements de cette gigantesque formation géologique (qui signifie littéralement « vache morte », en français) de 30 000 kilomètres carrés. A cheval sur quatre provinces, pour l’essentiel sur celle de Neuquen, elle est considérée comme la deuxième source de gaz et quatrième de pétrole non conventionnels au niveau mondial.
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