Politique

A Perpignan, l’employé municipal qui arborait un tatouage nazi a été licencié

A Perpignan, l’employé municipal qui arborait un tatouage nazi a été licencié

C’est en allant faire des démarches administratives, dans une mairie annexe de la ville, qu’un habitant a remarqué le tatouage. Les bras de chemise relevés, l’employé arbore la traduction française (« mon honneur s’appelle fidélité ») de la citation « Meine Ehre heißt Treue », la devise officielle des SS sous l’Allemagne nazie. Un tatouage bien visible, qui occupe tout l’avant-bras de cet agent contractuel au service des pièces d’identité.

L’habitant transmet alors anonymement une photo au site d’investigation en ligne Reflets.info qui la publie en mentionnant l’identité de l’agent, lundi 8 juin. Il s’agit de Charles Ifssah-Becuwe, 47 ans, qui était conseiller municipal de Perpignan entre 2023 et 2026, aux côtés du maire Louis Aliot (RN, Rassemblement national). « Lors des élections municipales de 2020, il figurait en 45e position sur la liste conduite par Louis Aliot », signale l’article de Reflets.info.

Pas élu à l’issue du scrutin, il avait néanmoins été recruté par la ville comme chargé de mission puis, en juin 2023, après plusieurs démissions au sein du conseil municipal, il avait intégré l’assemblée en tant que conseiller de la majorité. Non-candidat en 2026, la municipalité le recrute dans ses services administratifs. L’information a immédiatement suscité de nombreuses réactions, dont celle du coordinateur national de La France insoumise (LFI), Manuel Bompard, qui a ironisé sur « la dédiabolisation du RN dans les faits ». Stéphane Maroselli, secrétaire général Force ouvrière des agents territoriaux et adjoint au maire, assurant pour sa part à ICI Roussillon que les agents étaient « choqués ».

« Les langues se délient »

Mardi 9 juin, sans plus de commentaires ou de précisions, le service communication de la ville a annoncé que « le contrat de cet agent ne sera pas renouvelé ». Le maire Louis Aliot, n’a pas, lui non plus, souhaité commenter l’affaire. Le même jour, sur sa page Facebook, il préférait écrire : « A La Scala, ils étaient dans l’Allemagne nazie ! » Une critique contre le directeur du théâtre privé parisien La Scala, Frédéric Biessy, qui a dû s’excuser après avoir prononcé un discours critiquant nommément Donald Trump et Benyamin Nétanyahou devant des lycéens.

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