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A Saint-Denis, des familles roms expulsées illégalement par les polices nationale et municipale

A Saint-Denis, des familles roms expulsées illégalement par les polices nationale et municipale

« C’est inhumain ce qu’on nous fait. On nous chasse de partout », dit Liliana (elle a souhaité rester anonyme), 36 ans. Elle montre le terrain arboré de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), d’où cette famille rom et ses voisins ont été expulsés à trois reprises – illégalement, selon les informations recueillies par Le Monde – par la police nationale puis par la police municipale, les jeudi 22 et vendredi 23 octobre. Il ne reste qu’un tas de planches et de bâches, vestiges des baraques de fortune qu’ils avaient construites sans autorisation un mois plus tôt sur cette parcelle privée du quartier de Confluence. Une plaque de tôle, vissée à la clôture, en interdit désormais l’accès.

Depuis, le fils aîné de Liliana, son épouse et leurs deux bébés ont été mis à l’abri dans un squat. Le reste de la famille – elle et son mari, leurs cinq autres enfants, âgés de 18, 16, 15, 12 et 6 ans, et leur autre belle-fille, enceinte de huit mois – se trouve sans solution. « On a froid, on est épuisés. On dort dehors sur des matelas ou dans nos voitures. Mais la police municipale nous a réveillés au moins dix fois la nuit, en nous disant de partir », explique-t-elle en roumain avant que Mirabela Margelu, médiatrice au sein de l’association La Voix des Rroms, traduise au téléphone. Le mari de Liliana a la joue gauche très enflée. Elle assure qu’il a dû être opéré après s’être fait casser la mâchoire par des personnes droguées qui les avaient agressées une nuit. Deux de leurs enfants, scolarisés au collège Elsa-Triolet, n’y sont pas retourné, faute de pouvoir se doucher.

Si la famille indique avoir déjà connu plusieurs expulsions depuis cinq ans qu’elle vit sur le territoire de Saint-Denis, elle n’imaginait pas voir sa situation empirer après l’élection, en mars, de Bally Bagayoko (La France insoumise). Le nouveau maire n’avait-il pas tenté, sitôt élu, d’interdire sur son territoire les expulsions locatives sans relogement, ce qui laissait espérer une certaine mansuétude ?

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