Le candidat Renaissance à l’élection présidentielle, Gabriel Attal, a réfuté, dimanche 8 novembre, l’argument contre la primaire avancé par son concurrent d’Horizons, Edouard Philippe, jugeant que la « division » était déjà à l’œuvre au sein de la droite et du centre.
« Certains disent : la primaire, ça va faire de la division. Enfin, vous n’avez pas l’impression qu’aujourd’hui il y a de la division ? Vous pensez vraiment que si on reste dans cette situation-là pendant trois, quatre, cinq, six mois, ça va aider à ce qu’il y ait un candidat qui se détache ? Ben non », a déclaré M. Attal lors des Rencontres de l’avenir à Saint-Raphaël (Var).
La veille, à cette même place, M. Philippe avait réitéré son opposition à ce processus de départage qui apporterait selon lui « de la division », et appelé à la « responsabilité » des candidats dont les moins bien placés devront se retirer d’ici à février.
« Se retirer pour quelqu’un qui est donné largement battu au deuxième tour, et qui n’est même pas donné au deuxième tour, parce qu’il est troisième voire quatrième dans les sondages et très largement derrière, ça n’a pas de sens », a affirmé le candidat Renaissance dimanche devant la presse. « Ce qui permettra de donner une dynamique, ou plutôt d’avoir un élan », c’est « l’organisation d’une primaire à laquelle participent beaucoup de Français, qui donne lieu à des débats qui nous permettent d’exposer notre projet. Ce n’est pas d’organiser des petits accords d’appareil et d’arrière-boutique qui dégoûtent les Français », a-t-il ajouté.
« Inéluctable »
Cette primaire est « inéluctable », a également estimé l’ancien premier ministre. « Peut-être que pour certains, ça prend un peu plus de temps pour être convaincu des arguments, pour voir la situation telle qu’elle est aujourd’hui. Mais regardez, il y a deux ou trois semaines, quasiment personne n’était pour la primaire », a-t-il affirmé en référence au candidat des Républicains, Bruno Retailleau, qui y est désormais favorable.
Pour exister dans la campagne présidentielle, alors qu’il est pour l’instant à la peine, M. Attal tente aussi de faire valoir les thèmes qui lui sont chers. Dimanche, il a ainsi qualifié de « totalement sidérant » le peu de place selon lui accordé à l’intelligence artificielle dans la campagne, y voyant « la clé » pour « gagner en productivité » et « faire monter le salaire des Français ». « Ce sujet passe totalement au second plan. Moi, je ne comprends pas. C’est comme si au moment de l’invention de l’électricité, il y avait une campagne présidentielle et qu’on n’avait pas débattu de l’électricité », a expliqué le candidat Renaissance.