Laurent Nuñez a dénoncé une « exploitation de l’extrême droite » de l’affaire de l’adolescent de 17 ans, prénommé Louis, tabassé à mort à Narbonne lors d’un guet-apens filmé, dans une interview au Parisien dimanche du 28 juin. « Malgré ce que certains affirment, il n’y a pas de caractère raciste avéré dans ce crime, selon le procureur de la République », a insisté le ministre de l’Intérieur. Néanmoins, il a dit « s’inquiéter de plus en plus de la montée de la violence chez les jeunes ».
« Cette affaire ne pourra pas nous exonérer de nous interroger sur la prise en charge des enfants » dans des structures comme celle de l’aide sociale à l’enfance, l’ASE, où était hébergé Louis, « et de cette violence totalement débridée d’une partie de la jeunesse », a poursuivi le ministre.
La victime avait été découverte inanimée samedi 20 juin sur le site du chantier d’une résidence pour seniors. L’adolescent avait été roué de coups la veille au soir. Sur les images de l’agression, visibles sur les réseaux sociaux et diffusées floutées par plusieurs chaînes d’information en continu, plusieurs personnes portent de grands coups de poing et de pied à Louis, prostré au sol, dans ce qui semble être une cage d’escalier. Un individu accroupi au-dessus de lui assène les coups les plus violents, au visage. Cette vidéo a été adressée dès vendredi soir par l’un des mis en cause à une connaissance qui, choquée, a alerté les secours, selon une source policière.
La famille refuse « toute récupération politique »
Deux rassemblements en hommage à l’adolescent sont prévus à Narbonne ce week-end. L’un s’est déroulé en fin de journée samedi et l’autre se déroulera dimanche. Celui de samedi, relayé vendredi sur des réseaux sociaux, n’a mobilisé qu’une poignée de personnes alors qu’un dispositif policier important avait été déployé.
En revanche, de nombreux tracts étaient distribués par des jeunes se revendiquant d’un groupe identitaire, Furie, a constaté une journaliste de l’AFP. Ces tracts appellent à rejoindre la manifestation de dimanche baptisée « Justice pour tous » en l’honneur de Louis, « battu à mort par une bande de racailles ».
La famille du jeune homme a, quant à elle, indiqué, par la voix de la tante de la victime interrogée par l’AFP, qu’elle ne participerait pas à ces rassemblements, refusant « toute récupération politique, même si on remercie les Français de se mobiliser ». Cinq jeunes hommes, âgés de 16 à 20 ans, selon Laurent Nuñez, ont été mis en examen pour assassinat dans cette affaire.