Voice of Freedom Повна версія

Affaire Alexis Kohler : non-lieu requis pour l’ex-bras droit d’Emmanuel Macron dans l’enquête pour prise illégale d’intérêts

· Main news

Un non-lieu a été requis au bénéfice de l’ex-bras droit d’Emmanuel Macron Alexis Kohler dans l’enquête pour prise illégale d’intérêts autour de ses liens familiaux avec l’armateur MSC, a appris l’Agence France-Presse mercredi 23 septembre auprès du Parquet national financier (PNF).

Ce non-lieu a été « rendu et signé » le 31 août, dans ce dossier qui a marqué le premier quinquennat d’Emmanuel Macron, a précisé le PNF. Le juge d’instruction doit désormais se prononcer, soit en suivant les réquisitions du parquet, soit en renvoyant M. Kohler, 53 ans, en procès.

Alexis Kohler, mis en examen depuis 2022 dans ce dossier, est aujourd’hui directeur général adjoint de la Société générale. Proche d’Emmanuel Macron, il a été son directeur de cabinet au ministère de l’économie puis secrétaire général de l’Elysée de 2017 à 2025. La justice l’a mis en cause pour avoir participé comme haut fonctionnaire à plusieurs décisions relatives au groupe franco-italien MSC, dirigé par les cousins de sa mère, la famille Aponte – il a d’ailleurs brièvement rejoint le groupe en 2016 en tant que directeur financier, en amont de la première campagne présidentielle d’Emmanuel Macron.

Prescription avant 2014

D’abord entre 2009 et 2012, lorsqu’il représentait l’Agence des participations de l’Etat (APE) aux conseils d’administration de STX France (devenu Chantiers de l’Atlantique) et du Grand Port maritime du Havre (GPMH), deux entreprises ayant des liens commerciaux avec MSC. Puis entre 2012 et 2016, lorsqu’il était à Bercy au cabinet de Pierre Moscovici puis d’Emmanuel Macron.

La portée du dossier avait toutefois été nettement réduite en juillet, lorsque la cour d’appel de Paris a décidé que tous les faits antérieurs à 2014 étaient prescrits. Les poursuites pour complicité contre deux autres hauts fonctionnaires, Jean-Dominique Comolli et Bruno Bézard, ont été en conséquence abandonnées. Sollicité, Alexis Kohler n’a pas réagi dans l’immédiat.

« Confiance » du président

« Depuis le début de ce dossier, où l’on a déploré l’intervention directe du chef de l’Etat, le parquet s’oppose à ce qu’un juge et un tribunal indépendants puissent en avoir connaissance », a réagi Me Jean-Baptiste Soufron, qui représente l’association Anticor, partie civile.

M. Macron avait exprimé à plusieurs reprises sa « confiance » en son secrétaire général de l’époque, et lui avait aussi apporté son soutien via une « note personnelle » mi-2019 envoyée au PNF, assurant que M. Kohler n’était jamais intervenu, au moment où il était son directeur de cabinet à Bercy, dans des dossiers liés à MSC. Cette note avait suscité une vive polémique.

Si M. Kohler s’est toujours défendu d’avoir participé aux décisions afférentes à MSC et affirmait avoir fait part à ses supérieurs de ce conflit d’intérêts, plusieurs enquêtes de Mediapart ont révélé, en 2018, qu’il avait approuvé, entre 2010 et 2012, des contrats entre une filiale du groupe MSC et le Grand Port maritime du Havre (Seine-Maritime), alors qu’il siégeait au conseil de surveillance de ce dernier en sa qualité de sous-directeur de l’Agence des participations de l’Etat. A la même période, M. Kohler siégeait également au conseil de surveillance du constructeur STX France et avait donné un avis sur un contrat entre MSC et ce qu’on appelle désormais les Chantiers de l’Atlantique, toujours selon Mediapart.

Enfin, lors de son passage à Bercy de 2012 à 2016, M. Kohler a « persisté à être personnellement destinataire de notes (…) ainsi que des mails relatifs à la société MSC, à émettre des avis ou donner des orientations stratégiques ayant trait aux projets de financement des commandes de navires pouvant être conclus avec la société MSC ainsi qu’aux modalités de recapitalisation de la société STX France impliquant le groupe MSC en qualité de candidat » en 2015, avaient noté les juges d’instruction lors de sa mise en examen.