Réformer les institutions sans toucher à la Constitution. C’est la voie préconisée par le Conseil d’analyse économique (CAE) dans une note publiée mardi 23 juin. Alors que le sujet devrait occuper une place centrale dans les débats en vue de la présidentielle de 2027, le groupe de réflexion placé auprès de Matignon y défend plusieurs mesures pour « restaurer la capacité du système politique à produire des décisions représentatives, légitimes et efficaces ».
Le tout, sans passer par la délicate étape d’une révision constitutionnelle. Ce choix n’a rien d’anodin. Les deux quinquennats d’Emmanuel Macron ont rappelé à quel point la réforme des institutions demeure un exercice périlleux. Entre les crises successives et la fragmentation politique, ce chantier, annoncé dès 2017, reste l’un des principaux inaboutis de sa présidence.
Pour les deux auteurs de la note, Pierre Boyer et Vincent Pons – économistes et respectivement professeurs à l’Ecole Polytechnique et à la Harvard Business School –, il y aurait pourtant urgence à répondre à ce qu’ils qualifient d’« essoufflement » de la démocratie française. Les signes de fragilisation, soulignent-ils, « se multiplient depuis des décennies avec une accélération récente particulièrement inquiétante ». Surtout, « ils ne relèvent plus d’une simple défiance structurelle », poursuivent les chercheurs, en évoquant le recul de la participation électorale, le décrochage de la confiance dans les institutions, la multiplication des mouvements protestataires ou la progression des votes populistes.
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