L’ancien premier ministre Dominique de Villepin, qui se prépare à la présidentielle de 2027, a proposé, dimanche 7 juin, la création d’un parquet « spécialisé sur les violences faites aux femmes et aux enfants » après la mort de la collégienne de 11 ans Lyhanna.
Il a appelé sur BFM-TV/La Tribune Dimanche à apporter « davantage de spécialisation » dans le système de la justice. « Je propose que nous ayons un parquet spécialisé sur les violences faites aux femmes et aux enfants », a-t-il ajouté, rappelant que cela a été fait pour le terrorisme et pour le crime organisé.
Selon lui, une telle initiative permet « d’établir clairement une priorité avec la centralisation sur les grands dossiers qui est nécessaire ». Dominique de Villepin a aussi évoqué la création d’« unités spécialisées » concernant ces violences qu’il voit comme une « urgence nationale », ainsi qu’une meilleure formation des agents.
Un « scandale d’Etat »
« Il faut humaniser notre justice », a-t-il ajouté. « On ne peut plus conserver la même attitude de suspicion que celle que nous avons vis-à-vis de la parole des enfants, et en particulier, dans le cas présent, de la parole des filles. » L’ex-ministre chiraquien a affirmé que, pour désengorger les tribunaux, une partie des contentieux routiers pourraient aussi être « allégés par des peines d’amendes forfaitaires ».
La mort de Lyhanna, dont le corps a été retrouvé cette semaine, a déclenché une polémique concernant le traitement judiciaire des plaintes pour viols sur mineurs visant le principal suspect.
Dominique de Villepin a dénoncé un « scandale d’Etat » mais a mis en garde contre la « logique de bouc émissaire » s’agissant des dysfonctionnements judiciaires. « C’est une multitude de défaillances qu’il faut avoir le courage de reconnaître », a-t-il déclaré, estimant que « chacun d’entre nous doit faire son examen ».