Historienne, professeure de chaire supérieure, Aude Chamouard est l’autrice de Que reste-t-il du front populaire ? Histoire d’un mythe politique (JC Lattes, 112 pages, 9,90 euros), publié le 20 mai.
Vous écrivez que le Front populaire n’est pas qu’un mythe et que les accords de Matignon du 7 juin 1936 représentent encore des acquis. Lesquels ?
La réduction du temps de travail, en définitive, l’idée qu’avoir un temps de loisir est un droit, est véritablement un acquis de 1936. Cela passe par la loi sur les 40 heures, qui va ensuite connaître des développements avec les 39 heures et les 35 heures, qui mobilisent d’ailleurs cette mémoire du Front populaire. Et par les congés payés, sans doute la mesure la plus emblématique dans la mesure où il n’y a jamais eu de retour en arrière sur ces deux semaines de congés payés qui vont s’allonger à trois en 1956, quatre sous Pompidou, et cinq sous Mitterrand.
Le Front populaire, même si c’est une mémoire moins visible, c’est aussi l’idée du dialogue dans l’entreprise. En 1936, la loi sur les conventions collectives impose des délégués du personnel dans les entreprises. Comme disait Léon Blum, c’est la fin du « patronat de droit divin ».
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