« Combien, combien, combien de Lyhanna ? » Une minute de silence, puis la colère. Dans près de 200 villes de France, devant les tribunaux ou sur les places des hôtels de ville, les mêmes cris ont résonné, lundi 8 juin, mêlant à l’hommage à Lyhanna, tuée à 11 ans, la révolte d’années passées à dénoncer les violences faites aux enfants et aux femmes. Jérôme B., le principal suspect du meurtre de la collégienne, avait été visé à plusieurs reprises par des signalements et des plaintes pour des violences sexuelles sur des mineurs.
De Toulouse à Lille, en passant par Bourgoin-Jallieu (Isère) ou Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), les mêmes pancartes et slogans se sont croisés, demandant ici de « protéger les enfants », dénonçant là une « justice coupable » et exigeant la démission du ministre de la justice, Gérald Darmanin.
A Paris, la tribune a dû déménager à la va-vite de la place Vendôme, face au ministère de la justice, pour s’installer sur l’île de la Cité, devant l’ancien palais de justice, après l’interdiction délivrée par la préfecture de police de Paris. La présidente de la Fondation des femmes, Anne-Cécile Mailfert, y a vu un symbole : « Il ne veut tellement pas nous entendre, Gérald Darmanin, qu’il nous a demandé de déménager notre hommage à la petite Lyhanna. » « Mais notre propos n’est pas de pointer du doigt des fonctionnaires individuels qui ne font pas toujours ce qu’il faut. Notre colère se dirige contre un système qui ne se réforme pas, contre un gouvernement qui ne veut pas nous entendre », assène-t-elle.
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