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Affaire Lyhanna : Sébastien Lecornu réunit ce matin les ministres de l’intérieur et de la justice ; une autopsie doit confirmer que le corps retrouvé est bien celui de la collégienne

Affaire Lyhanna : Sébastien Lecornu réunit ce matin les ministres de l’intérieur et de la justice ; une autopsie doit confirmer que le corps retrouvé est bien celui de la collégienne

Matignon a annoncé jeudui soir que le premier ministre, Sébastien Lecornu, réunirait vendredi 5 juin, à partir de 10 h 30, les ministres de l’intérieur et de la justice pour « pour un point de situation dans l’affaire Lyhanna ».

Interrogé par le député du Gers David Taupiac à l’Assemblée nationale, le locataire de la Place Beauvau, Laurent Nuñez, avait annoncé mercredi diligenter, avec le garde des sceaux, Gérald Darmanin, une enquête administrative sur d’éventuels dysfonctionnements dans le traitement de plaintes pour viols visant Jérôme B., soupçonné d’avoir enlevé Lyhanna.

Alors que le fonctionnement de la justice est mis en cause dans cette affaire, un corps, « porteur de vêtements similaires » à ceux de la collégienne de 11 ans enlevée à Fleurance, dans le Gers, a été retrouvé jeudi, selon le parquet.

Mis en examen, le principal suspect, 41 ans, n’a fait aucune déclaration devant la juge d’instruction chargée du dossier, ni répondu à la moindre question. Depuis le début de la semaine, des révélations sur les antécédents de ce père de deux enfants ont tracé un profil inquiétant, avec plusieurs signalements ou plaintes, dont deux pour viols sur mineurs.

Selon la procureure de la République d’Auch, Clémence Meyer, le suspect avait notamment fait l’objet de plaintes en 2022 et 2025. La première a été classée sans suite et l’enquête était toujours en cours pour la seconde. Mme Meyer a par ailleurs annoncé, sans plus de détails, qu’une nouvelle plainte pour viol sur mineur avait été déposée mercredi matin.

« On a laissé un pédocriminel en toute liberté, malgré les alertes »

Les lacunes de traitement de ces antécédents alimentaient jeudi une incompréhension croissante. Grégory Bobbato, le maire de Fleurance, a ainsi dénoncé un « dysfonctionnement profond », un « système » négligeant « la souffrance des victimes et des familles ».

La patronne des Ecologistes, Marine Tondelier, a pointé sur le réseau social X une affaire « symbole d’un système politico-judiciaire incapable de gérer le sujet des violences sexistes et sexuelles ». « Par manque de moyens, mais pas seulement », a-t-elle ajouté, estimant « qu’on a laissé un pédocriminel en toute liberté, malgré les alertes ».

La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a dit « partage[r] l’indignation de tous les Français » sur les dysfonctionnements des enquêtes autour du suspect et a plaidé pour « continuer à augmenter les moyens de la justice ».

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a quant à lui accusé sur X l’Etat qui a « lourdement failli », avant d’affirmer que « le peuple français exige des comptes ».

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