Un homme de 24 ans a été condamné, vendredi 16 octobre, à trois ans de prison avec sursis pour l’agression sexuelle en 2025 de deux enfants âgés de 3 ans au moment des faits dans l’école maternelle parisienne où enseignait sa compagne.
Le tribunal correctionnel de Paris « a pris en considération les déclarations précises et réitérées des enfants », leur concordance, ainsi que la « position de déni systématique » du jeune homme, a rapporté la présidente, Jeanne de Calan.
Contre la volonté des familles des victimes, mais conformément à la demande du mis en cause, le tribunal avait ordonné le 1er septembre que l’audience se tienne à huis clos « au vu de la nécessité de garder la sérénité des débats » et « la dignité du prévenu et des tiers ».
Les faits se sont déroulés à l’école maternelle des Grands-Champs, près de la place de la Nation, dans le 20e arrondissement. Selon le parquet de Paris, les parents d’une fillette ont déposé plainte le 30 septembre 2025 après qu’elle leur avait dit que le « mari de la maîtresse » lui avait « touché les fesses alors qu’elle était aux toilettes ». Ils étaient imités en novembre 2025 par la mère d’un petit garçon, également pour des attouchements.
Plusieurs parents s’étaient aussi inquiétés d’avoir vu, ou d’avoir entendu leurs enfants rapporter avoir vu le compagnon de l’institutrice dans l’établissement à plusieurs reprises, avec des « comportements ou propos sexualisés » envers leurs enfants.
Dysfonctionnements « systémiques »
Si l’homme condamné vendredi n’était pas employé dans le périscolaire parisien, les écoles de la capitale sont secouées depuis plusieurs mois par un scandale de violences sexuelles contre les mineurs. Depuis début 2026, 195 animateurs du périscolaire ont été suspendus, dont 74 pour suspicions de violences sexuelles sur mineurs, selon les chiffres de la mairie. Sur le volet pénal, plus de 230 enquêtes sont en cours dans les écoles et crèches de la capitale.
Un rapport du Sénat publié jeudi estime que les dysfonctionnements « systémiques » du périscolaire parisien révèlent des failles dans tout le pays.
Durant les trois ans de sursis probatoire auquel il devra s’astreindre, le condamné, qui a dix jours pour faire appel, devra s’astreindre à une obligation de soins psychologiques et sera interdit de se rendre à l’école et dans la rue des Grands-Champs.
Condamné à 15 000 euros de dommages et intérêts et inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes, il lui est par ailleurs interdit pendant dix ans d’exercer une profession ou une activité bénévole impliquant des contacts habituels avec des mineurs.