Culture

Anacarsis Ramos, metteur en scène : « J’ai eu envie de revisiter l’histoire de ma mère et de la faire connaître au public »

Anacarsis Ramos, metteur en scène : « J’ai eu envie de revisiter l’histoire de ma mère et de la faire connaître au public »

Nouveau venu au Festival d’automne, le metteur en scène mexicain Anacarsis Ramos, 29 ans, s’expose sur scène en compagnie de sa mère, Josefina Orlaineta, dans un spectacle intitulé Mi madre y el dinero (« Ma mère et l’argent »). Elle a multiplié les gérances d’entreprise (une quarantaine en soixante ans), il a choisi le théâtre. Elle sait vendre, il sait écrire. Elle veut convaincre, il aime négocier. Elle n’est pas actrice, il la métamorphose en tragicomédienne. Membre de Pornotrafico, collectif d’artistes installé à Mexico, auteur, scénographe, acteur, Anacarsis Ramos offre à une mère aliénée par le travail, la précarité et l’urgence de la survie la possibilité de repenser sa vie.

Comment votre mère s’est-elle imposée comme sujet de théâtre ?

Je travaille avec elle depuis l’enfance. En famille, ou dans certaines des entreprises qu’elle a gérées. Cette collaboration a cessé pendant dix ans, période durant laquelle j’ai quitté Campeche, où nous vivions, pour m’installer à Mexico. Je voulais m’éloigner de tensions qui régnaient dans la région et, surtout, je voulais étudier le théâtre. Si je suis revenu à Campeche, c’est parce que, une fois mes études terminées, personne ne m’a engagé au théâtre. Avec ma mère, nous avons donc repris notre collaboration devant des kilomètres de saucissons que nous devions attacher entre eux, pendant quatre ou cinq heures d’affilée. Enchaîné, comme elle, à cette tâche, j’ai réalisé la violence de notre travail.

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