Après l’incendie en Gironde, le retour des seniors évacués en urgence dans leurs Ephad
« Nous sommes heureux de rentrer à la maison », confie Antoine Gonzales, bientôt 100 ans, assis dans une salle à manger du centre de gérontologie Chastaingt du centre hospitalier universitaire (CHU) de Limoges. Ce vendredi 7 août, avec 15 autres personnes, il va regagner l’Ehpad Paul-Louis-Weiller d’Arès (Gironde), à presque 300 kilomètres de route de là. Ses résidents en avaient été évacués en urgence deux semaines plus tôt, le 24 juillet, devant l’avancée fulgurante des flammes. « Il fallait dégager, raconte-t-il. Nous avons pris le strict minimum et on nous a mis dans un bus. »
D’après l’agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine, 2 388 personnes fragiles ont été déplacées de leur établissement médico-social ou de leur hospitalisation à domicile en Gironde et dans les Landes depuis le départ du mégafeu qui a ravagé la région. Samedi, 1 675 d’entre eux ont réintégré leurs lieux d’habitation. A l’Ehpad Paul-Louis-Weiller, 78 résidents avaient été évacués. Les plus dépendants en ambulance, vers un centre hospitalier de Pessac. Quelques-uns ont été accueillis par leurs familles. Et pour un groupe de 16 seniors, un long périple avait commencé. « Nous ne savions pas trop où nous allions, nous sommes un peu partis à l’aventure », raconte Francis Lamothe, 91 ans, avec sa carrure de rugbyman.
Première étape : l’internat du lycée polyvalent Robert-Badinter de Créon. Le groupe y passe trois jours, rejoint par quatre membres de l’équipe de l’Ehpad et son directeur adjoint, Emmanuel Gros. Le lieu ferme le 27 juillet, les 16 résidents sont transportés vers l’Espace des 3 provinces à Brive-la-Gaillarde, un autre hub destiné aux personnes vulnérables. Emmanuel Gros se bat alors pour leur trouver un lieu d’accueil pérenne : « Il était important que le groupe reste ensemble. »
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