Quatre citernes d’eau se dressent dans le cloître des Carmes. Les lumières projetées sur ces aquariums verticaux se diffractent dans l’espace. Elles enveloppent le plateau d’un miroitement permanent qui captive et apaise. Cette atmosphère explosera bientôt en mille éclats de couleurs après l’immersion dans les cuves de quatre performeurs tout habillés, avec sacs débordants d’accessoires et de victuailles.
Muljil, le spectacle de la metteuse en scène coréenne Jinyeob Lee, peut démarrer. Créée en 2018 et succès international de la compagnie Elephants Laugh, cette pièce participative se révèle intrigante de bout à bout. Ses images multiples entre pommes rouges et nuées de plastique noir, suspension et noyade, comme ses thématiques nuancées sur le fil de la vie et la mort sont inspirées par les plongeuses en apnée de l’île de Jeju (Corée du Sud). Elles profitent du talent d’interprète et d’apnéiste de quatre acteurs représentant une femme enceinte, une personne queer, une autre obsédée par la chirurgie esthétique et un ouvrier. Autant de figures « vulnérables ou marginalisées » en Corée selon Jinyeob Lee, qu’elle désire valoriser.
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