Le Festival « off » d’Avignon est un miroir déformant du spectacle vivant. Derrière des chiffres de fréquentation stables se cachent des inquiétudes majeures pour les compagnies. Du 4 au 25 juillet, la 80e édition de ce vaste marché théâtral – 1 812 spectacles, 27 000 levers de rideau dans 141 théâtres – a surmonté la canicule. Environ 1,4 million de billets ont été écoulés (sur une jauge globale de 2,6 millions), soit un taux de remplissage moyen des salles de 54 %.
Pour la première fois, ces estimations fournies par Avignon Festival & Compagnies (AF&C), l’association coordinatrice du « off », livrent « une photographie plus réaliste du Festival que lors des précédentes éditions », reconnaît Laurent Domingos, coprésident de l’association. Le Festival n’ayant pas de billetterie centralisée, l’AF&C extrapolait jusqu’à présent les statistiques du « off » à partir des ventes des cartes d’abonnement (offrant 30 % de réduction sur les places de spectacles) et de sa plateforme Ticket’Off.
Pour l’édition 2026, grâce à une coopération avec cinq importants prestataires de billetterie (Tickboss, Soticket, Rodrigue, France Billet, Optick), l’association a pu analyser les remontées de 52 % des ventes. « Ces données nous ont été transmises de manière anonymisée vis-à-vis des théâtres, mais, à l’image du Festival, elles concernent aussi bien des petites structures comme Le Chapeau rouge que des grosses comme La Scala », explique Harold David, directeur délégué de l’AF&C.
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