Culture

Au Musée d’arts de Nantes, l’œuvre d’Anne et Patrick Poirier, hantée par la mort et la destruction

Au Musée d’arts de Nantes, l’œuvre d’Anne et Patrick Poirier, hantée par la mort et la destruction

Il y a, de plus en plus, quelque chose d’inexorable dans les travaux d’Anne et Patrick Poirier et cela se voit avec une intensité particulière dans l’exposition qu’ils ont disposée en deux endroits du Musée d’arts de Nantes : le grand patio carré, bordé d’arcades sur ses quatre côtés, et la chapelle de l’Oratoire. Inexorables sont leurs sujets : la destruction, la mort, l’oubli.

Dès leurs premières créations, à Rome, il y a près de soixante ans, ils ont fait de la ruine des civilisations et des empires leur motif principal. Quand ils ont commencé, en 1968, ce serait peu de dire que celui-ci semblait déphasé par rapport à un monde occidental qui croyait encore au progrès et à la prospérité infinis. Ils étaient bien peu nombreux alors, les artistes qui n’avaient pas oublié que l’histoire ne peut être que tragique. On sait ce qu’il en a été depuis et combien l’époque n’a cessé de donner raison aux Poirier, de plus en plus.

Mais il y a d’autres raisons à l’intensité de cette sensation d’une fatalité sans échappatoire : la réduction des moyens plastiques et l’adéquation des œuvres aux lieux. La chapelle de l’Oratoire est dans le noir, pour des œuvres noires. Le patio est blanc et lumineux et les œuvres qui l’occupent blanches et lumineuses. En entrant, on n’en voit qu’une, qui occupe la totalité de la cour et qui est l’une des plus grandes créations de ses auteurs, nommée La Cité des ombres.

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