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Au procès Athanor, 17 des 22 accusés condamnés, les peines les plus lourdes pour les deux fondateurs et pour un exécutant de l’officine criminelle

Au procès Athanor, 17 des 22 accusés condamnés, les peines les plus lourdes pour les deux fondateurs et pour un exécutant de l’officine criminelle

La cour d’assises spécialement composée de Paris a prononcé, vendredi 17 juillet, des peines allant de six mois de prison avec sursis à trente ans de réclusion à l’encontre de 17 des 22 accusés poursuivis pour leur implication dans les agissements criminels d’une officine implantée au sein d’une loge maçonnique des Hauts-de-Seine, Athanor.

Cinq accusés ont été acquittés. Les peines les plus lourdes ont été prononcées à l’encontre des deux fondateurs de l’officine et de son principal exécutant : trente ans de réclusion criminelle pour l’ancien agent des renseignements intérieurs Daniel Beaulieu, vingt-cinq ans pour Frédéric Vaglio, son frère de loge chargé de décrocher les contrats criminels, et vingt-sept ans pour Sébastien Leroy, l’homme de main.

Dylan Bilheude, désigné comme l’auteur du tir mortel sur le pilote Laurent Pasquali, a été lui acquitté au bénéfice du doute, tout comme le couple formé par Alain et Nancy Maarek, qui n’a, selon la cour, « pas donné instruction » de commettre un meurtre. Mercredi, lors de ses derniers mots devant la cour avant le retrait des cinq magistrats professionnels pour délibérer, M. Bilheude avait de nouveau affirmé son innocence : « Tout ce que je veux, c’est avoir une vie normale, une vie simple (…), être présent pour ma compagne et mon bébé qui va naître. »

« Ça fait cinq ans que j’attends ce moment, que je dis que je suis innocent », avait aussi affirmé Alain Maarek à la barre. Le médecin avait regretté d’avoir mis les exécutants d’Athanor sur la route de son ancien ami Laurent Pasquali.

Loge maçonnique « dévoyée »

Meurtre, tentatives d’assassinat, passages à tabac, vols : le catalogue du réseau criminel, qui fonctionnait comme une véritable entreprise commerciale, s’était étoffé au fil des années, jusqu’à sa chute brutale en juillet 2020, avec l’arrestation de deux militaires à Créteil. C’est dans l’ombre d’une loge maçonnique « dévoyée », selon l’accusation, que s’est nouée cette « alliance inattendue » entre policiers, chefs d’entreprises ou encore militaires rattachés à la DGSE.

Les deux francs-maçons à la tête d’Athanor, Daniel Beaulieu, un agent de la DCRI (ancienne DGSI) retraité, et le chef d’entreprise Frédéric Vaglio, revendiquaient une appartenance, passée ou actuelle, aux services de renseignement. Ils promettaient une forme d’impunité aux exécutants comme aux clients de l’officine, qui se sont, pour la plupart, dits manipulés par les deux hommes.

C’est finalement l’arrestation de deux militaires rattachés à la DGSE, Pierre Bourdin et Carl Esnault, au pied de son domicile, en juillet 2020, qui avait mis fin aux agissements de la petite entreprise, dont les revenus, modestes, ont été estimés à 210 000 euros en huit années d’existence. Carl Esnault avait expliqué qu’il pensait agir pour la DGSE, sans connaître l’ensemble de la mission, en vertu du cloisonnement, un principe-clé de l’institution militaire.

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