Quelques jours après avoir traduit en langue des signes les brûlots du groupe de metal français Resolve, sur une scène du Hellfest à Clisson (Loire-Atlantique), et les chansons de rock poétiques de Feu ! Chatterton, à La Nuit de l’Erdre, à Nort-sur-Erdre (Loire-Atlantique), les interprètes du collectif 10 Doigts en cavale s’attaquent, samedi 4 juillet, au rap d’Orelsan et de la jeune Bertox, au Main Square Festival, à Arras. Avant de « chansigner » d’autres événements estivaux qui permettront aux sourds et aux malentendants de vivre une expérience musicale. Jointe en visioconférence, le 24 juin, à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), Aurélie Nahon, 33 ans, cofondatrice de l’association avec Perrine Diot, nous explique le beau métier de « chansigneuse ».
En quoi consiste précisément le « chansigne » ?
Il s’agit de traduire des chansons en langue des signes. Cette démarche existe depuis que des entendants ont voulu faire découvrir ces textes en musique à des proches malentendants, comme on le voit dans le film d’Eric Lartigau La Famille Bélier (2014), quand une jeune fille traduit des chansons de Michel Sardou à ses parents sourds. En France, la chansigneuse pionnière Laëtitia Tual, dite « Laëty », contribue à l’essor de ce métier depuis vingt-cinq ans. Cette fonction s’est professionnalisée, mais nous sommes encore loin des Etats-Unis où le recours au chansigne est obligatoire à partir du moment où une personne malentendante manifeste le désir d’assister à un concert.
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