Rarement réforme constitutionnelle aura suscité aussi peu de débats, tant dans l’opinion publique qu’au sein de la sphère politique. Si jamais le projet de loi constitutionnelle « pour une Corse autonome au sein de la République », qui doit être discuté en séance publique à l’Assemblée nationale à partir du mardi 16 juin, est définitivement adopté au terme d’un parcours législatif qui s’annonce incertain, il serait la deuxième et dernière réforme constitutionnelle des deux mandats de présidence d’Emmanuel Macron – avec l’inscription du droit à l’interruption volontaire de grossesse dans la Loi fondamentale française en 2024.
Le sujet mérite pourtant d’être débattu. Pour la première fois en effet, un territoire hexagonal se verrait reconnaître un statut d’autonomie, impliquant le pouvoir d’émettre des normes législatives et réglementaires. Par ailleurs, sa population serait reconnue comme une « communauté » caractérisée par ses particularismes linguistique, historique, culturel et insulaire, ainsi que son rapport à la terre.
Or, tout se passe comme si le sujet ne concerne que les Corses. Les principaux leaders politiques s’en remettent à l’élu corse de leur groupe parlementaire pour aborder ce dossier. A ce jour, seul le chef de file de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, y a consacré une phrase dans son discours à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), dimanche 7 juin, pour promettre « l’autonomie étendue » à la Corse s’il est élu président en 2027.
Il vous reste 87.88% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.