Depuis 2015 et l’arrivée au pouvoir des nationalistes à l’Assemblée de Corse, l’île est comme revenue sur les bancs de la faculté de droit. C’est une « fièvre institutionnelle », selon l’expression du conseiller territorial de droite Jean-Martin Mondoloni, qui ironise sur l’omniprésence de l’enjeu constitutionnel dans les débats locaux depuis onze ans, au détriment, selon lui, de dossiers structurants au plan économique et social. Cette voie est, selon Gilles Simeoni, ancien président de l’exécutif et à présent conseiller exécutif en charge de l’autonomie, « un rendez-vous avec l’histoire ».
Voté à une large majorité le 27 mars 2024 par l’Assemblée de Corse, le projet d’écriture constitutionnelle a durablement fissuré le paysage politique corse et notamment la droite locale, divisée entre partisans d’une simple décentralisation et militants d’un pouvoir normatif local. Cette dichotomie est incarnée par le député (Horizons) de Corse-du-Sud Laurent Marcangeli, avocat désigné du statut d’autonomie au sein de la Macronie, et le député (Les Républicains, LR) de Haute-Corse François-Xavier Ceccoli, réticent à laisser la collectivité un « chèque en blanc ».
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